Joe Biden accède enfin à la présidence des Etats-Unis

Après trois jours jalonnés de rebondissements, Joe Biden a passé ce samedi la barre des 270 élus nécessaires pour accéder à la Maison Blanche. Le démocrate devient enfin le 46e président des États-Unis, après une longue attente.

Le scrutin s’est finalement joué en Pennsylvanie, ce Swing State de l’Est du pays, où Joe Biden a rattrapé un retard pourtant conséquent il y a plusieurs heures. Comptant pour 20 grands électeurs, l’État permet au démocrate d’atteindre les 270 grands élus nécessaires.

Le dépouillement dans le Nevada, la Géorgie et l’Arizona, où l’ancien sénateur du Delaware vire toujours en tête, est en cours. Cela veut dire que Joe Biden pourrait obtenir davantage que les 273 délégués recueillis ce samedi, qui lui sécurisent déjà la présidence.

Kamala Harris, ancienne procureure et fille d’immigrés, entre dans l’Histoire comme la première femme à accéder à la vice-présidence des Etats-Unis.

A 56 ans, la dynamique et pugnace sénatrice de Californie a permis à Joe Biden, 77 ans, d’engranger les voix d’un électorat plus divers qui avait soif de se voir mieux représenté au sommet du pouvoir. A tel point que certains électeurs disaient voter non pas pour M. Biden mais pour elle, la fille d’un père jamaïcain et d’une mère indienne.

L’ancien président américain Barack Obama a salué la victoire “historique” de Joe Biden, qui a été durant 8 ans son vice-président.

“Je ne pourrais pas être plus fier de féliciter notre prochain Président, Joe Biden, et notre prochaine Première dame, Jill Biden. (…) Lors de cette élection, dans des circonstances inédites, les Américains se sont mobilisés à un niveau que nous n’avons jamais vu”, écrit-il.

Biden, une histoire douloureuse

Pour Joseph Robinette Biden Jr., 77 ans, “lion de l’histoire américaine” selon les termes de Barack Obama, la consécration suprême sera arrivée tard, à l’issue d’une riche vie en politique jalonnée de tragédies.

Les drames personnels qu’il a traversés ont façonné cet homme au ton chaleureux. Ses douleurs et ses doutes, qu’il n’hésite pas à partager en public sur le ton de la confidence, font partie intégrante de son personnage.

Après avoir échoué en 1988 et 2008, puis hésité en 2016, celui qui a débuté sa carrière politique nationale au Sénat il y a près d’un demi-siècle – et connaît le fonctionnement de Washington sur le bout des doigts – obtient enfin les clés de la Maison Blanche.

A la faveur d’une campagne inédite, le démocrate a pris l’avantage sur l’ancien homme d’affaires en se contentant d’apparitions limitées et en faisant à l’Amérique une promesse de calme.

“Nous pouvons mettre fin à cette présidence qui, depuis le début, a cherché à nous diviser, à nous déchirer”, martelait-il dans les dernières heures de la campagne.

Sa colistière, Kamala Harris, entrera dans l’Histoire en devenant la première femme noire à accéder à la vice-présidence. “Mettons nous au travail” pour restaurer “l’âme de l’Amérique”, a-t-elle déclaré samedi en phase avec Joe Biden.

Ce dernier sera le président le plus âgé de l’histoire des Etats-Unis au début de son mandat.

Dans un contraste saisissant avec l’énergie déployée sur les estrades de campagne par Donald Trump, celui que le président a affublé du surnom moqueur de “Joe l’endormi” a parfois donné l’image d’un homme frêle, fragile.

En fin stratège, il a réussi son pari en remportant la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin, trois Etats industriels traditionnellement démocrates que Donald Trump avait arrachés à Hillary Clinton en 2016.

Mais dans une Amérique profondément divisée, et face à un Sénat qui pourrait rester aux mains des républicains, il devra trouver le ton juste.

Trump refuse la défaite

Pour Donald Trump Trump, entré avec fracas en politique en remportant la présidentielle en 2016 à la stupéfaction générale, cette défaite marque selon toute vraisemblance la fin de sa carrière politique.

Pour un homme qui martèle quotidiennement son souci de “gagner, gagner, gagner” et moque sans relâche les “losers”, la claque est rude.

Si la vague démocrate annoncée par certains n’a pas eu lieu, et s’il a montré qu’il disposait d’un très solide socle d’électeurs, son refus obstiné d’élargir son audience a fini par lui coûter cher.

Sa gestion de la pandémie, qu’il a sans cesse minimisé en dépit d’un lourd bilan de plus de 236.000 morts, lui a valu de vives critiques, jusque dans son propre camp.

Le fait qu’il ait lui-même été touché par le Covid-19 lui offrait une occasion inespérée de changer de ton dans la toute dernière ligne droite. De faire enfin preuve d’empathie, de trouver les mots pour dire l’angoisse que suscite ce virus. Il ne l’a pas saisie.

Cette défaite étroite aurait aussi pu lui permettre de quitter le pouvoir en revendiquant une forme d’héritage politique.

Très amer, il a cependant choisi une autre voie, agressive. Ces derniers jours, il n’a cessé de crier à la fraude, sans apporter le moindre élément concret.

“Si vous comptez les votes légaux, je gagne facilement. Si vous comptez les votes illégaux, ils peuvent essayer de nous voler l’élection”, a-t-il lancé jeudi dans une tirade brouillonne, truffée d’approximations et de contre-vérités sur le décompte en cours.

Ses avocats ont lancé de multiples actions judiciaires avec par exemple la menace de demander un recomptage dans le Wisconsin.

Les démocrates estiment les plaintes sans fondement, mais ces recours pourraient retarder de plusieurs jours ou semaines l’homologation des résultats.

Dans le Michigan et la Géorgie, deux juges ont déjà rejeté des recours républicains.

ond.

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