France: la journaliste Rokhaya Diallo porte plainte pour injures racistes

La journaliste et militante féministe et antiraciste française Rokhaya Diallo a porté plainte contre une auditrice d’une radio qui avait proféré des injures racistes à son encontre, propos pour lesquels a été saisi le gendarme de l’audiovisuel en France.

Figure clivante de la mouvance radicale antiraciste et anticoloniale en France, Mme Diallo est une personnalité également connue à l’étranger, notamment dans la presse anglo-saxonne. Elle collabore avec les pages opinion du Washington Post et a été classée début décembre parmi les 24 personnes les plus influentes d’Europe par le magazine américain Politico.

La séquence en question, filmée, avait été diffusée en octobre sur Sud Radio, mais a été relayée sur Twitter dimanche par Mme Diallo. Une auditrice y prend la parole, au cours d’un débat sur les “indigénistes”, dont Mme Diallo est une figure de proue.

“Madame Diallo se plaint de la France, elle se plaint des blancs, mais si aujourd’hui elle est journaliste (…) elle le doit à l’ouverture d’esprit de notre éducation et de notre pays”, démarre-t-elle.

“Parce que Mme Diallo, elle n’aurait pas bénéficié de tout ce que donne la France, je crois qu’il y a de fortes chances qu’elle serait en Afrique, avec 30 kilos de plus, 15 gosses en train de piler le mil par terre et d’attendre que son mari lui donne son tour entre les quatre autres épouses”, ajoute l’auditrice, sous le regard amusé ou interloqué des participants à l’émission.

“J’estime que toute personne qui prend la parole dans l’espace public doit prendre ses responsabilités et mon avocat a déposé une plainte” qui sera “informée lorsqu’on aura retrouvé son identité”, a annoncé la journaliste.

“J’accepte le débat d’idées mais aucunement l’injure ni le mépris envers mes origines et envers les personnes du continent africain”, a-t-elle justifié.

Le présentateur de l’émission Philippe Rossi et l’avocat Philippe Bilger, participant à l’émission, ont présenté lundi leurs excuses à Mme Diallo, qui les a remerciés.

Interpellés sur le sujet depuis dimanche, notamment par la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, qui a dénoncé sur Twitter “des propos abjects”, “les services du CSA (le gendarme de l’audiovisuel) ont engagé l’examen des saisines reçues et l’analyse de la séquence en question”, a annoncé lundi à l’AFP le régulateur.

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