G20 Finance 2026: Ottawa dénonce un « malaise » créé par la présence russe à Asheville
Le ministre canadien des Finances François-Philippe Champagne a estimé mardi que la présence surprise du ministre russe Anton Silouanov au G20 Finance 2026 à Asheville avait créé un « malaise », tout en annonçant vouloir se montrer « constructif et ferme » face à son homologue américain Scott Bessent sur le dossier des droits de douane.
Un « malaise » provoqué par la présence russe
La présence de la Russie au sommet du G20 Finance 2026 organisé aux États-Unis a créé un « malaise » en raison de la guerre menée par Moscou en Ukraine, a regretté mardi le ministre canadien des Finances auprès de l’AFP. Son homologue russe Anton Silouanov, dont la venue n’avait pas été annoncée au préalable, a participé depuis lundi aux travaux du groupe rassemblant les premières économies mondiales à Asheville, en Caroline du Nord. Les Européens s’en sont rapidement émus, y voyant une forme de « normalisation » des relations avec la Russie, et ont obtenu qu’Anton Silouanov soit exclu de la traditionnelle photo de famille du sommet.
Un soutien réaffirmé à l’Ukraine
« La présence d’Anton Silouanov a créé un malaise, sans aucun doute », a décrit le ministre canadien des Finances François-Philippe Champagne dans un entretien avec l’AFP, au dernier jour du sommet. « Nous avons toujours été très fermes dans notre soutien à l’Ukraine et au peuple ukrainien, et cela ne changera pas. (…) Nous sommes aussi très unis avec nos partenaires européens », a-t-il ajouté.
Un entretien attendu avec Scott Bessent sur les droits de douane
François-Philippe Champagne devait s’entretenir dans l’après-midi avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, hôte de l’événement. Les deux voisins nord-américains sont engagés dans un nouveau conflit commercial, à coups de droits de douane. Pendant ce rendez-vous, le ministre canadien comptait se montrer « à la fois constructif et ferme ». « Les Canadiens attendent de nous qu’on défende le Canada, notre industrie et nos travailleurs », a affirmé M. Champagne, disant vouloir « renouer le dialogue » avec les États-Unis « sur une base mutuellement bénéfique ».
Une riposte tarifaire prévue le 8 septembre
Ottawa avait rompu récemment les négociations avec Washington, accusant la Maison Blanche de vouloir lui imposer un accord commercial « injuste ». Le pays a riposté à l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane américains avec une série de contre-surtaxes qui doivent entrer en vigueur le 8 septembre. « Nous n’avons pas voulu de ce conflit commercial mais nous devons réagir pour que les entreprises (canadiennes) ne soient pas désavantagées par rapport aux entreprises américaines », a justifié M. Champagne, estimant que la réponse d’Ottawa avait été « ciblée, stratégique et proportionnée ».
