L’Europe à la croisée des chemins marocains !

La dernière décision du tribunal de justice européenne sur les accords de pêche entre Rabat et Bruxelles a fait grincer les dents. Et parce qu’il y a « remise en cause », le régime algérien et son pendant polisarien ont toute suite crié victoire, voyant dans cette décision une possible réévaluation des choix stratégique de l’Union européenne à l’égard de cette région.

La joie était toutefois de courte durée pour le régime algérien. Non seulement le Maroc fait appel de ce jugement qu’il estime « incohérent et motivé idéologiquement”, mais le communiqué, signé dans la foulée par Josep Borrel haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et le ministre marocain des affaires étrangères Nasser Bourita, est venu encadrer politiquement cette décision juridique et plafonner ses ambitions.

Les mots choisis pour décrire l’importance des relations stratégiques et vitales que le royaume du Maroc et l’Union européenne doivent entretenir avaient un sens particulier dans ce contexte. Ils soulignent la prééminence des rapports stratégiques entre Rabat et Bruxelles au-delà de toutes les contingences et les activismes des forces hostiles qui pêchent dans les eaux troubles.

Ce communiqué conjoint avait pour objectif principal : doucher l’enthousiasme de tous ceux qui espéraient un retournement de situation diplomatique après une décision juridique. Non seulement l’accord en question est maintenu pour une certaine période pour protéger les intérêts des partenaires, mais la situation est susceptible d’évoluer dans le sens voulu par le Maroc. Les arguties juridiques ont vocation à freiner des dynamiques mais jamais à les supprimer.

En réalité ce jugement du tribunal de justice européenne sur la Sahara marocain éclaire d’un grand jour les contradictions entre le positionnement des Etats dont le plus minimaliste regarde d’un bon œil la solution d’autonomie proposée par le Maroc comme solution de sortie de crise et le tribunal de justice européen devenu un terrain de jeux, de manipulation et d’instrumentalisations des forces ayant un agenda caché affirmé.

Pour l’Union européenne comme pour le royaume du Maroc, l’heure de vérité a sonné pour adopter des positions claires et sortir du sombre obscur de certaines approches.

Et l’interrogation vivace qui se formule actuellement dans les coulisses des liens entre le Maroc et l’UE est la suivante :  cette relation est vitale et stratégique pour les deux partenaires et à ce stade ne faut-il pas veiller à verrouiller toutes les portes susceptibles de la polluer et la freiner ? Ou elle n’est pas si importante que cela et cela donne un signal encourageant à toutes les forces subversives qui rêvent jusqu’à l’obsession de la saboter.

Cette situation met en contradiction feutrée la position des Etats et le comportement de certains institutions comme le tribunal de justice européen perméable aux luttes d’influence aux processus troubles.

Pour le Maroc cette situation où l’Europe souffle le chaud et tolère le froid devient de plus en plus intenable. Les pays de l’Europe dont les intérêts stratégiques sont étroitement imbriqués avec ceux du Maroc sont instamment invités à clarifier leurs approches et leurs agendas. Les chimères d’un groupe séparatistes et les obsessions pathologiques de leur parrain algérien ne doivent pas prendre en otage la précieuse et incontournable relation entre le Maroc et l’Union européenne.

Pour sortir de cette impasse qui paralyse les projets communs de grande envergure et anesthésie les meilleurs volontés, l’Europe doit se livrer à un véritable examen et revoir son approche de cette dispute territoriale. A tout malheur quelque chose est bon. Le temps est venu de reconnaître officiellement la souveraineté du Maroc sur son Sahara à l’instar de la position américaine d’hier et de celle de la Grande Bretagne demain. L’Europe n’a d’autres choix que de traduire ses convictions et ses intérêts dans le marbre de la réalité et sortir ainsi de cette zone grise de l’indécision et de l’hésitation.

Laisser planer un voile de doute pour certains comme le laisse entendre cette décision du tribunal, avec la tentation pour d’autres d’utiliser cette carte saharienne comme moyen de pression pour assouvir certains intérêts n’est pas de nature à consolider le partenariat censé être stratégique entre le Royaume du Maroc et l’Union européenne. Bien au contraire cela fragiliserait davantage cette relation à un moment historique clé où un grand tourbillon géostratégique est en train de souffler sur la région, réécrivant les alliances et les solidarités.

 

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