Loi sur la profession d’avocat : l’Association des barreaux du Maroc dément toute opposition à l’institution monarchique

Le président de l’Association des barreaux du Maroc, Me El Hocine El Ziani, a affirmé que le désaccord des avocats porte uniquement sur la loi encadrant leur profession et a rejeté toute tentative de présenter ce mouvement comme une opposition à l’institution monarchique.

Une clarification face aux tentatives de récupération

Le président de l’Association des barreaux du Maroc (ABAM), Me El Hocine El Ziani, a tenu à clarifier la nature du différend qui oppose une partie du barreau aux choix ayant entouré l’élaboration et l’adoption de la nouvelle loi régissant la profession d’avocat. Il affirme que les avocats marocains contestent « un texte, une méthode législative et une manière de conduire la réforme », mais ne sont ni en confrontation avec l’État ni en opposition avec ses constantes fondamentales.

Rejet des lectures étrangères de la contestation

Me El Ziani a rejeté les tentatives de certains médias étrangers visant à sortir la contestation de son cadre professionnel et institutionnel pour la présenter comme une rupture avec l’institution monarchique ou comme une remise en cause de l’État. Il a résumé sa position en déclarant : « Nous contestons des choix, pas l’État ».

Fermeté sur l’indépendance de la profession, loyauté envers les institutions

Le président de l’ABAM dessine une ligne claire : fermeté sur l’indépendance de la profession d’avocat, loyauté à l’égard de l’État et de ses constantes, refus de toute récupération extérieure, mais exigence d’un traitement institutionnel sérieux des responsabilités ayant conduit à l’impasse actuelle. Il précise que la publication de la loi ne suffit pas à solder la crise, celle-ci ne pouvant se refermer qu’à travers une reconstruction de la confiance et une correction des déséquilibres ayant marqué le processus.

Un mouvement de protestation qui dure depuis juin

Le projet de loi 66.23 relatif à l’organisation de la profession d’avocat a été adopté en deuxième lecture le 6 juillet dernier à la majorité des députés (85 voix pour, 35 voix contre). Il a depuis été transmis à la Cour constitutionnelle, qui a déclaré l’impossibilité de statuer sur le texte. L’ABAM maintient depuis le 15 juin l’arrêt total des prestations professionnelles ainsi que la suspension de l’assistance judiciaire, et a convoqué une réunion extraordinaire de son conseil le 5 septembre 2026 à l’invitation du barreau de Rabat.

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