Budget 2027 : « Une tâche redoutablement difficile », déclare Édouard Philippe
En déplacement à Mayotte pour sa rentrée politique, Édouard Philippe a jugé, dans un entretien à BFMTV, que le vote du budget 2027 constituerait « une tâche redoutablement difficile » pour l’Assemblée nationale, alors que « les finances de la France ne sont pas bonnes ».
Un déficit visé à 4,9% du PIB
Édouard Philippe a été le premier candidat à se déplacer en cette rentrée politique. Alors que la gauche tient ses universités d’été, l’ancien Premier ministre s’est rendu à Mayotte, où il a répondu aux questions de BFMTV dans un entretien exclusif. Interrogé sur les échéances à venir, il a prévenu que l’Assemblée nationale risquait de « se déchirer une nouvelle fois à la rentrée » pour voter un budget. « Une tâche redoutablement difficile », a-t-il concédé, alors que « les finances de la France ne sont pas bonnes », a-t-il estimé. Un défi de taille pour le prochain gouvernement, alors que le socle commun prévoirait un budget déficitaire de 4,9% du PIB pour 2027.
Des mesures fortes annoncées contre l’immigration à Mayotte
Le candidat à l’élection présidentielle a profité de ce déplacement pour annoncer vouloir « fermer totalement les vannes de l’immigration » et suspendre le droit à l’immigration sur l’archipel. Tout en refusant la comparaison avec Marine Le Pen et le Rassemblement national, le maire du Havre a assumé ses propos, déplorant une « crise » migratoire qu’il a qualifiée d' »exceptionnelle » à Mayotte. « Moi, je ne propose pas de supprimer le droit d’asile en France », a-t-il clamé, « mais je considère qu’il faut, à Mayotte, arrêter toute forme d’immigration légale et illégale, arrêter la délivrance de titres de séjour au titre du regroupement familial, et muscler notre jeu. » Il a également plaidé pour un renforcement des moyens maritimes de lutte contre les arrivées clandestines et pour « muscler notre discussion » avec les Comores, justifiant ces mesures par « l’impact sur le fonctionnement des services publics d’une immigration non maîtrisée ».
Une passe d’armes avec Jean-Luc Mélenchon
Ces déclarations ont provoqué l’indignation de Jean-Luc Mélenchon, en tête des sondages à gauche, qui a qualifié les propos de l’ancien macroniste d' »aberrants, ridicules et provocateurs ». Des critiques qui ne semblent pas atteindre Édouard Philippe, qui assure être « rarement d’accord » avec son adversaire. « Je vais continuer à faire la campagne telle que je le fais, c’est-à-dire en disant ce que je pense », a-t-il assumé, réclamant un débat public « proposition contre proposition ». « Le débat public avec des gens qui proposent des choses et qui acceptent d’être en désaccord, c’est la démocratie. Qu’il propose ce qu’il croit bon pour la France, il le fera. Je ferai de même et les Français choisiront », a-t-il conclu.
La visite de Lecornu et la question de sa candidature
Édouard Philippe a par ailleurs salué la venue prévue à Mayotte de Sébastien Lecornu, les 26 et 27 août, assurant qu’il allait l’appeler « pour lui dire les messages que j’ai entendus » et « les gestes qui me paraissent devoir être faits à court terme ». Interrogé sur une éventuelle candidature du Premier ministre à la présidentielle de 2027, le président d’Horizons a affirmé ne pas « croire qu’il s’y intéresse ou qu’il le prépare », allant jusqu’à l’appeler à un potentiel rassemblement en vue du scrutin.
Un appel du pied à Gabriel Attal
Sans le nommer directement, Édouard Philippe a également adressé un message à Gabriel Attal, autre candidat de la droite républicaine, qui avait appelé dès février à un rassemblement de son camp. « Je considère que toutes celles et ceux qui se classent traditionnellement dans le camp de la droite ont vocation à travailler ensemble, à se rassembler s’ils veulent convaincre les Français », a martelé Édouard Philippe. « Moi, je propose ce rassemblement. Je ne considère pas avoir d’adversaires politiques dans l’espace central, mais j’ai des concurrents qui proposent leurs programmes. » Interrogé sur le calendrier, jugé trop tardif par certains, il a répondu : « Avant l’heure, ce n’est pas l’heure. Après l’heure, ce n’est plus l’heure. Ce sera entre novembre et février. Déjà février, c’est tard. » Selon lui, ce rassemblement sera décidé par « la dynamique, les propos, la tenue, la campagne » et non par « une succession de sondages ». Les derniers sondages le placent toujours devant Gabriel Attal, même si l’écart entre les deux hommes, tous deux issus du quinquennat Macron, se resserre.
La question du futur Premier ministre
Donné par les sondages comme le mieux placé pour battre Marine Le Pen en cas de second tour, Édouard Philippe a été interrogé sur le nom qu’il choisirait comme Premier ministre en cas de victoire, alors que celui de Xavier Bertrand, adoubé par Gérald Darmanin, circule déjà. Le candidat s’est refusé à tout pronostic, assurant qu’il ne révélerait un nom que lorsqu’il « sentira que c’est nécessaire ».
