Tebboune veut rétablir la peine de mort contre les pyromanes avant le 15 septembre

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé le 30 août 2026 vouloir rétablir l’exécution de la peine de mort contre les pyromanes, après des incendies meurtriers ayant fait au moins 12 morts et 54 blessés dans le nord-est du pays, alors que l’Algérie observe un moratoire sur les exécutions depuis 1993.

Une réforme réclamée avant le 15 septembre

S’adressant directement au ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa, lors d’une réunion consacrée aux incendies et rassemblant de hauts responsables civils et militaires, le président Abdelmadjid Tebboune a déclaré : « Il faut réviser le Code pénal avant le 15 septembre pour rétablir l’exécution de la peine de mort contre les pyromanes ». Le chef de l’État a demandé que le projet de texte passe d’abord par le gouvernement, avant d’être examiné rapidement par le Parlement.

Un moratoire de fait depuis 1993

La peine capitale demeure inscrite dans la législation algérienne pour certaines infractions, mais aucune exécution n’a été menée dans le pays depuis 1993, date à partir de laquelle un moratoire de fait est observé. Dans le cadre juridique actuellement en vigueur, provoquer délibérément un feu de forêt peut déjà être sanctionné de peines allant jusqu’à 30 ans de prison, voire de la réclusion à perpétuité dans certains cas. La réforme souhaitée par la présidence viserait à ajouter la peine de mort aux sanctions encourues pour les incendies intentionnels en milieu forestier, faisant des pyromanes la première exception à l’abolition de fait.

Des incendies qui ont frappé le nord-est du pays depuis le 26 août

De violents feux de forêt, alimentés par des vents et une intense canicule, ont touché plusieurs régions de l’est et du nord de l’Algérie à partir du mercredi 26 août. Selon le bilan officiel, au moins 12 personnes sont mortes et 54 ont été blessées dans ces derniers incendies, portant à 18 le total des victimes des feux recensés depuis le début de l’épisode. Le président Tebboune a décrété trois jours de deuil national.

Des suspects interpellés, une origine criminelle non exclue

Le président algérien a indiqué ne pas exclure une origine criminelle pour certains sinistres, tout en demandant que les investigations nécessaires soient menées. Les autorités ont annoncé l’arrestation de plusieurs personnes soupçonnées d’avoir allumé des feux, sans détailler publiquement à ce stade les éléments établissant leur responsabilité.

Une indemnisation promise aux sinistrés avant le 15 septembre

Au-delà du volet pénal, Abdelmadjid Tebboune a annoncé une prise en charge des victimes. Les familles ayant perdu leur logement, leur mobilier, leur bétail ou leurs arbres fruitiers doivent être indemnisées par l’État avant le 15 septembre. Les autorités ont mobilisé des moyens terrestres et aériens, dont des avions bombardiers d’eau, pour lutter contre les foyers encore actifs et sécuriser les zones affectées.

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