Iran-Israël: Pezeshkian tend la main à Washington en marge du sommet de l’OCS à Bichkek

Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé mardi à Bichkek que Téhéran renouerait immédiatement avec ses engagements de cessation des hostilités si les États-Unis revenaient au protocole d’accord signé en juin, en marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai où il doit rencontrer Vladimir Poutine.

Un cessez-le-feu fragile depuis juin

Mi-juin, Téhéran et Washington avaient signé le protocole d’accord dit d’Islamabad, destiné à mettre fin aux hostilités déclenchées fin février par des frappes américano-israéliennes contre l’Iran ayant coûté la vie à l’ancien guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Cet accord a rapidement volé en éclats début juillet avec la reprise des hostilités. Après un mois d’accalmie en août, les États-Unis ont frappé lundi le détroit stratégique d’Ormuz, l’Iran répliquant par des tirs visant des cibles américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis.

Un sommet réunissant 17 chefs d’État et de gouvernement

Dix-sept dirigeants, dont les présidents russe, iranien, chinois, indien, pakistanais et turc, sont réunis à Bichkek pour le sommet marquant les 25 ans de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). En marge de cette rencontre, Massoud Pezeshkian doit s’entretenir avec le président russe Vladimir Poutine, qui doit également rencontrer le président turc Recep Tayyip Erdogan pour évoquer la guerre en Ukraine, selon le Kremlin.

Vers un monde multipolaire

Lundi, Vladimir Poutine et le dirigeant chinois Xi Jinping ont salué en marge du sommet la relation entre Moscou et Pékin, sans toutefois aborder la guerre en Ukraine autrement que de manière superficielle, selon le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. Les dirigeants russe et chinois mettent régulièrement en avant, lors de ces sommets, leur vision d’un monde multipolaire destiné à contrer l’hégémonie américaine qu’ils dénoncent.

Un bloc hétérogène malgré son ambition

L’OCS regroupe dix États membres — Bélarus, Chine, Inde, Iran, Russie, Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Pakistan et Tadjikistan — ainsi que quinze partenaires de dialogue, dont la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar, et deux États observateurs, dont l’Afghanistan. Si l’organisation revendique rassembler environ 40% de la population mondiale et 25% du PIB planétaire, ses retombées concrètes demeurent incertaines, plusieurs de ses membres étant engagés dans des conflits majeurs ou des tensions commerciales, notamment liées aux droits de douane américains sur les produits chinois et indiens.

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