Eurodéputé Mounir Satouri: EELV a fait la démonstration de sa capacité à gérer et à incarner le pouvoir

Une abstention record et une vague verte inédites en France: Le second tour des municipales, organisé dimanche 28 juin 2020, a signé le triomphe du parti EELV et la débâcle du parti présidentiel. Pour l’eurodéputé écologiste, Mounir Satour, “EELV sera bien entendu au rendez-vous pour porter son projet” lors de l’élection présidentielle de 2022. Quant au journaliste controversé, Eric Zemmour, qui a comparé le vert des écolos au vert de l’islam, l’eurodéputé estime que “la psychose complotiste” de l’éditorialiste de Cnews n’a aucun intérêt.

 Au lendemain des municipales de dimanche 28 juin, le journaliste controversé Eric Zemmour a comparé le vert des écolos au vert de l’islam. Cela vous inspire quoi ?

Mounir Satouri: La psychose complotiste de M. Zemmour ne m’interpelle pas vraiment. Je suis en revanche atterré qu’une telle faiblesse d’analyse trouve écho dans nos médias. Si je soutiens l’expression de la pluralité des opinions, la malhonnêteté intellectuelle ne peut en revanche que déclencher mon dépit. Je vous avoue que je ne suis absolument pas curieux des élucubrations que pourrait tirer M. Zemmour quant à la présence du jaune dans le logo d’EELV.

Votre parti Les Verts a raflé la majorité des grandes métropoles de France. Comment expliquez-vous un tel raz de marée écolo pour ce second tour des municipales 2020?  

Je crois que nous capitalisons sur nos efforts. Ces dernières années, Europe-Écologie-Les Verts a pris conscience de sa responsabilité. Nous ne boudons plus notre envie de gouverner et nous nous en donnons les moyens. Nous sommes restés à l’écoute des territoires et des gens et nous n’avons pas dévié de nos valeurs. Nous avons porté notre projet sans renoncement et avons soutenu des candidates et des candidats sérieux et engagés.

L’élection présidentielle 2022 sera-t-elle verte ?

Sans aucun doute, l’urgence climatique et sociale à agir sera à l’ordre du jour de l’élection présidentielle 2022. EELV sera bien entendu au rendez-vous pour porter son projet. À l’issue des élections européennes de 2019 et des municipales, le message est clair : nous sommes à la hauteur des enjeux. Partout où nous avons siégé, nous avons fait la démonstration de notre capacité à gérer et à incarner le pouvoir. Pour 2022, mon vœu le plus cher est d’abord de faire un pied de nez à l’abstention et aux extrêmes nationalistes. Je veux convaincre pour que le bulletin de vote EELV exprime une adhésion massive à notre vision du monde.

Grand perdant, le parti présidentiel En Marche a-t-il payé pour sa mauvaise gestion de la pandémie du Covid-19 ?

Je n’en suis pas certain. Je pense que le succès de notre mouvement comme l’échec de La République en Marche sont plus enracinés. Au-delà de la gestion de la crise du Covid-19, En Marche n’a pas réussi son pari. En presque 4 ans d’existence, il ne s’est pas implanté dans le paysage politique français. Les gesticulations et l’arrogance du Président ne suffisent pas à convaincre, elles crispent au contraire. Selon moi, le point de rupture d’En Marche avec la France se situe davantage dans la gestion de la crise des Gilets Jaunes. Confronté à des crises qui se renforcent (climatique, économique, sociale et démocratique) et traversent la France ; le gouvernement n’a pas encore fait la preuve de sa capacité à s’engager dans des réponses concrètes.

Est-ce que pour les écolos le monde d’avant-covid-19 n’est plus le monde d’après ?

Le monde d’après Covid-19 n’est pas celui d’avant. C’est une vérité qui s’impose au-delà des écolos. Gageons qu’en nous confrontant, la pandémie nous ait fait réfléchir à notre environnement et nos modes de vie. Mais surtout, un principe de réalisme s’impose : la crise climatique ne s’est pas mise entre parenthèse et la crise sociale va exploser. Il est impératif de construire un monde solidaire, inclusif et résilient. Le multilatéralisme doit être préservé, les relations commerciales internationales doivent être repensées, les services publics doivent être considérablement renforcés et protégés, l’économie au service de l’humain doit être soutenue et les mesures de soutien à nos concitoyennes et concitoyens doivent être étendues.

 

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