Emmanuel Macron à Stockholm pour sceller un rapprochement militaire face à la menace russe en Baltique
Emmanuel Macron s’est rendu ce lundi à Stockholm pour signer avec le Premier ministre suédois Ulf Kristersson un accord-cadre de défense incluant la vente de quatre frégates françaises pour 4,3 milliards d’euros.
Un contrat naval majeur pour Naval Group
Emmanuel Macron s’est entretenu ce lundi après-midi avec le Premier ministre suédois Ulf Kristersson à bord d’une frégate de défense et d’intervention (FDI) de la marine française, l’amiral Ronarc’h, à l’occasion d’une visite officielle à Stockholm. Les deux dirigeants ont scellé la commande par la Suède de quatre frégates FDI produites par Naval Group, pour un montant de 4,3 milliards d’euros. Stockholm avait annoncé son choix en faveur de l’industriel français en mai dernier. Les navires, conçus pour la lutte anti-sous-marine, l’interception de missiles et les frappes à longue distance, doivent être livrés à partir de 2030.
Un accord-cadre de défense plus large
Au-delà du contrat naval, la France et la Suède ont signé un accord-cadre renforçant leur coopération en matière de défense, prévoyant la formation des équipages suédois, des exercices communs et une coopération accrue entre les deux armées. L’objectif affiché par les deux pays porte sur la sécurisation de la mer Baltique et de la mer du Nord, ainsi que la protection des câbles et infrastructures sous-marines face aux activités de la flotte dite « fantôme » utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales.
Vers un accès suédois aux missiles de croisière français
Le dossier le plus sensible de cette visite concerne l’ouverture par Paris de l’accès de la Suède au missile de croisière naval (MdCN), une arme dite « de souveraineté » jusqu’ici réservée à la seule marine française. Son intégration aux frégates suédoises nécessiterait l’installation du lanceur Sylver A70, plus profond que le A50 actuellement prévu pour les missiles Aster. Par ailleurs, la France s’est déclarée prête, le 28 août, à coopérer avec l’industriel suédois Saab sur un avion de combat de nouvelle génération, quelques mois après l’arrêt du projet commun de Système de combat aérien du futur (SCAF) avec l’Allemagne. En retour, Paris a fait l’acquisition de deux avions de surveillance Global Eye auprès de Saab, pour plus d’un milliard d’euros.
Une Suède en plein réarmement
Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la Suède a abandonné deux siècles de neutralité militaire, rejoint l’OTAN en mars 2024 et prévoit de porter son budget de défense à 3,5% de son PIB d’ici 2030. Stockholm a par ailleurs rejoint la dissuasion nucléaire élargie proposée par Emmanuel Macron début mars à plusieurs pays européens, un dispositif qui ne constitue pas un partage de l’arme nucléaire mais ouvre la possibilité de déployer la dissuasion aéroportée française chez des pays alliés. Cette visite en Suède s’inscrit dans une semaine diplomatique chargée pour le chef de l’État français, qui doit également se rendre aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.
