Professeur décapité: le Conseil de défense étudie des “réponses concrètes”

Le Conseil de défense, réuni depuis dimanche 18H00 autour d’Emmanuel Macron, étudie des “réponses concrètes, à court et moyen terme”, après la décapitation vendredi Samuel Paty, enseignant dans les Yvelines.

Ces mesures pourraient venir renforcer le projet de loi en préparation destiné à lutter contre l’islam radical, qui peut être “complété, élargi, approfondi”, avait indiqué plus tôt l’entourage d’Emmanuel Macron à l’AFP.

Le conseil pourrait notamment se pencher sur des mesures concernant les réseaux sociaux, sur la défense des professeurs menacés ou encore sur l’expulsion d’étrangers radicalisés, autant de sujets soulevés par l’assassinat de l’enseignant.

Les ministres ont consulté tout le week-end pour préparer des propositions et plusieurs pistes ont déjà été évoquées.

Ainsi, Gérald Darmanin a annoncé qu’il fallait expulser “231 personnes en situation irrégulière et suivies pour soupçon de radicalisation”, dont 180 actuellement incarcérées pour lesquelles “consigne a été donnée de pouvoir expulser” à leur sortie de prison.

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a souligné dimanche la “responsabilité” de ceux qui ont participé au “lynchage public” de Samuel Paty sur Internet, mais aussi celle des réseaux sociaux.

Après la censure de la loi Avia par le Conseil constitutionnel au nom de la liberté d’expression, il a précisé que le gouvernement travaillait à “un dispositif juridique de lutte contre la haine sur les réseaux sociaux”.

Marlène Schiappa, ministre déléguée en charge de la Citoyenneté, doit recevoir mardi les patrons de ces réseaux.

Participent à ce Conseil restreint de défense le Premier ministre Jean Castex et six ministres: Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères), Jean-Michel Blanquer (Education nationale), Florence Parly (Armées), Gérald Darmanin (Intérieur), Eric Dupond-Moretti (Justice) et Marlène Schiappa (Citoyenneté). Le procureur de la République antiterroriste Jean-François Ricard y assiste également.

Le Conseil de défense est l’instance de crise qui permet au chef de l’Etat de trancher immédiatement.

Emmanuel Macron s’était rendu dès vendredi soir sur les lieux de l’attaque, à Conflans-Saine-Honorine, où il avait appelé à “faire bloc” face à “l’obscurantisme”.

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à Paris et partout en France en hommage au professeur Samuel Paty, décapité vendredi pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, un attentat islamiste qui a suscité une émotion nationale.

Son assaillant, un Russe tchétchène de 18 ans, a ensuite été tué de neuf balles par la police. Onze personnes sont en garde à vue.

Un hommage national sera rendu mercredi à l’enseignant assassiné, en coordination avec la famille.

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