Les “Gilets jaunes” de nouveau dans la rue après les premiers débats décidés par Macron

Les “gilets jaunes” défilent pour la dixième fois dans la rue samedi et leur mobilisation sera particulièrement scrutée, quelques jours après le lancement par Emmanuel Macron du “débat national” censé canaliser la colère inédite exprimée depuis deux mois

"Une mobilisation au moins égale à la semaine dernière est attendue", a indiqué une source policière à l’AFP, en précisant que des appels de manifestants à viser les forces de l’ordre avaient circulé. Les précédents samedis ont été émaillés de heurts, parfois violents.

La préfecture de Police de Paris compte maintenir la stratégie adoptée depuis le 8 décembre et des fouilles de sacs aléatoires ainsi que des contrôles d’identités seront menés par les forces de l’ordre. Huit véhicules blindés de la gendarmerie seront à nouveau prépositionnés et 35 membres de l’unité de détachement d’action rapide seront mobilisés.

Un périmètre d’exclusion sera également mis en place. Comme la semaine dernière, il sera interdit de circuler ou de se rassembler dans une zone bien précise, qui englobe le bas des Champs-Elysées, la place de la Concorde, le palais de l’Elysée et le ministère de l’Intérieur.

Plus de 80.000 personnes avaient été recensées samedi dernier, selon le ministère de l’Intérieur. Bien plus que les 50.000 manifestants comptabilisés la semaine précédente, sans toutefois atteindre les centaines de milliers rassemblés en novembre ou décembre.

À Paris, des "gilets jaunes" dont Éric Drouet, une de leurs voix les plus connues, ont donné rendez-vous sur la place des Invalides vers 11H00 avec une ambition: "Le million à Paris !". Vendredi soir, l’événement le plus suivi sur Facebook esquissait toutefois un cortège plus modeste, avec 4.000 participants annoncés et 28.000 personnes intéressées.

Plusieurs rassemblements sont également annoncés samedi après-midi à Bordeaux, Toulouse, Marseille, Lyon, Saint-Etienne, Roanne, Valence, Clermont-Ferrand, Montélimar, Dijon, Nevers, Montceau-les-Mines, Toulon, Avignon ou Béziers.

Sur Facebook, le rassemblement toulousain prône une "opération surnombre". Objectif: venir "avec deux amis qui ne sont encore jamais venus". Même ambition à Marseille: "On veut que ça continue, qu’on arrive à faire sortir du monde qui ne sort pas d’habitude pour manifester", a expliqué à l’AFP Luc Benedetti, un "gilet jaune" de la ville.

Polémique sur les violences policières

L’exécutif prévoit lui "un dispositif d’ampleur comparable au week-end précédent", a indiqué le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Laurent Nuñez. Environ 80.000 policiers et gendarmes doivent donc être mobilisés en France, soit le même nombre que les manifestants la semaine dernière. Ils seront 5.000 à Paris, selon la préfecture de police.

Dans la capitale, les organisateurs invitent les participants à amener "une fleur ou une bougie en hommage" aux personnes tuées ou blessées "pour (leur) cause" depuis le début du mouvement le 17 novembre.

Ce mot d’ordre, nouveau pour un rassemblement dans la capitale, ponctue une semaine marquée par une vive polémique sur l’usage du lanceur de balle de défense (LBD) par les forces de l’ordre et les blessures graves subies par de nombreux manifestants.

Christophe Castaner a encore défendu vendredi son usage lors des opérations de maintien de l’ordre. Sans cette arme, les forces de l’ordre n’auraient plus d’autre option que le "contact physique" et il y aurait "beaucoup plus de blessés", a estimé le ministre de l’Intérieur.

Il s’est également dit "sidéré" par les accusations de violences policières, malgré certaines vidéos qui montrent un usage du LBD sans menace immédiate sur le tireur.

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