La Turquie menace d’ouvrir ses portes aux migrants “si l’UE va plus loin” (Erdogan)

La Turquie va ouvrir ses portes frontalières aux réfugiés et migrants pour rejoindre les pays européens "si l’UE va plus loin", a mis en garde, vendredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan au lendemain de la résolution des eurodéputés de geler temporairement les négociations d’Ankara à l’Union.

"Vous n’avez jamais traité l’humanité honnêtement", a-t-il reproché aux pays membres du bloc européen lors d’un congrès sur la justice des femmes à Istanbul.

L’UE n’a pas non plus tenu ses promesses lorsque 50.000 réfugiés se sont présentés à Kapikule (post-frontière avec la Bulgarie). "Vous avez commencé à l’aide" et "si vous allez plus loin, ces portes frontières seront ouvertes", a-t-il menacé, affirmant que les turcs "ne seront affectés par ces menaces sèches" (résolution du PE).

Le chef de l’Etat a indiqué, mercredi, que le résultat du vote du PE n’aura aucune valeur pour Ankara et avait annoncé la semaine dernière que la question d’adhésion ou non de la Turquie au bloc européen pourrait être soumise à référendum en 2017.

Ankara n’est pas contrainte à adhérer à l’UE et devrait envisager d’autres opportunités comme le pacte de Shanghai (OCS), une organisation de coopération politique, économique et militaire eurasienne qui pourrait être une option pour le pays, a-t-il fait savoir.

La Turquie ne doit pas être fixée" sur l’idée de rejoindre l’Union puisqu’il ne faut pas oublier qu’il existe des alternatives au bloc au moment où le bloc européen se rétrécit actuellement en se référant au vote britannique de Brexit.

La résolution du PE "n’a aucune valeur pour nous. Les relations avec l’UE ne sont pas assez étroites et l’Union doit se décider si elle compte planifier son avenir avec ou sans la Turquie", a lancé, jeudi soir, le Premier ministre Binali Yildirim.

Le PE a appelé, dans une résolution adoptée par 479 voix contre 37 contre et 107 abstentions, à ce gel temporaire arguant de la répression "disproportionnée" menée par Ankara au lendemain du putsch avorté de juillet dernier.

La Turquie, Etat tiers associé à l’UE et aux communautés qui l’ont précédée depuis 1963, avait déposé une demande d’adhésion 1987 mais n’a été reconnue candidate qu’en 1999 et les négociations n’avaient commencé qu’en octobre 2005.

Elles ont repris en novembre 2013 mais des 35 chapitres qui constituent le processus d’adhésion, seuls 16 ont été ouverts et un seul a été bouclé.

Le chapitre 33 (dispositions budgétaires et financières) est le 16-ème à être ouvert le 28 juin 2016 à la faveur d’un rapprochement sans précédent fin 2015 pour tenter d’endiguer la crise migratoire.

Ankara et Bruxelles ayant signé, en mars dernier, un accord prévoyant la réadmission en Turquie, depuis les îles grecques, des migrants en situation irrégulière selon le principe "un contre un". Ainsi, pour chaque Syrien reconduit en Turquie, un syrien réfugié en Turquie serait accueilli dans un Etat de l’UE.

Il prévoit aussi une aide financière de l’UE de 3 milliards destinée aux réfugiés et d’un montant équivalent supplémentaire d’ici 2018, la relance du processus d’adhésion et l’accélération de la levée des visas pour les turcs.

Atlasinfo avec MAP

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