Covid-19 : mobilisation en faveur du “vaccin pour tous” au Forum de Paris

Plusieurs dirigeants mondiaux, Européens en tête, ont appelé jeudi au Forum de Paris à l’accès de tous aux vaccins et traitements contre le Covid-19, un projet pour lequel 28 milliards de dollars manquent encore à l’appel.

“On ne gagnera pas contre le virus en abandonnant une partie de l’humanité”, a lancé le président français Emmanuel Macron lors de la troisième édition de ce Forum sur la Paix, organisée cette année en virtuel en raison de la pandémie de Covid-19.

“Mais comment être sûr que tout le monde joue le jeu, qu’il n’y aura pas de comportements de passagers clandestins et qu’on produira suffisamment de doses pour les pays les plus pauvres, qui en ont le plus besoin ?”, a-t-il demandé, entouré du président sénégalais Macky Sall, du président du Conseil européen Charles Michel et de la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva à l’Elysée.

Les Nations-unies ont mis en place un mécanisme international, “l’Accélérateur ACT”, pour faciliter l’accès de tous aux outils de lutte contre le Covid-19, dont le dispositif Covax d’achat et de répartition des vaccins.

Mais ses besoins demeurent considérables avec un “gap financier actuel de 28,5 milliards de dollars et un besoin immédiat d’urgence de 4,5 milliards si l’on veut maintenir la dynamique”, a souligné le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus. Son budget total a été fixé à 38 milliards de dollars.

“La communauté internationale doit s’assurer qu’un accès juste et équitable sera garanti pour procurer un vaccin à chacun”, a insisté le Premier ministre canadien Justin Trudeau.

 

 500 millions de dollars

 

“Nous devons placer la vie humaine au-dessus de tout (…) et apporter une réponse ciblée et concertée” à la crise sanitaire, a également pointé le président chinois Xi Jinping.

Pour faire face aux besoins, une enveloppe de plus de 500 millions de dollars a été mise sur la table lors du Forum, notamment par la France (100 millions d’euros, BIEN euros), l’Espagne (50 millions euros) et la Commission européenne (100 millions euros).

L’ONG ONE a pour sa part souligné que la France avait pris cet engagement dès le printemps. “Le président Macron n’a pas saisi l’occasion du Forum pour annoncer des contributions financières nouvelles” ou un “accès élargi à la propriété intellectuelle” sur les vaccins, a déploré la directrice de ONE France, Najat Vallaud-Belkacem, ex-ministre de l’Education.

La fondation Bill et Melinda Gates a annoncé de son côté de nouveaux engagements à hauteur de 70 millions de dollars, portant sa contribution totale à l’Accélérateur ACT à 226 millions de dollars.

“Nous parlons du plus effort de santé publique dans l’histoire mondiale ! Le monde a besoin de financements”, a lancé Melinda Gates.

Macky Sall a appelé pour sa part les pays riches à “pemettre que leurs droits de tirage spéciaux (DTS) puissent servir, comme dans une mutuelle, à aider ceux qui en ont besoin”.

 

 Conseil d’experts

Les DTS sont une sorte de monnaie accordée par le FMI. Les pays peuvent les utiliser pour rembourser leurs obligations auprès du FMI ou pour ajuster leurs réserves monétaires.

“Le FMI peut aider avec des DTS”, a confirmé Mme Georgieva. “Les défis sont grands mais l’esprit de coopération l’est encore plus”, a-t-elle assuré.

Ces engagements sont intervenus alors que le nombre de cas explose dans le monde, mais également quelques jours après l’annonce d’essais encourageants d’un vaccin par les laboratoires américain Pfizer et allemand BioNTech.

Un Conseil d’experts de haut niveau, chargé de rassembler toute l’information scientifique disponible sur les interactions entre santé humaine, santé animale et désordres environnementaux, a également été initié durant le Forum.

“La pandémie nous a montré combien la santé des humains, celle des animaux et celle de la planète sont corrélées”, a relevé le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.

Le conseil d’experts “donnera une visibilité accrue à cette information scientifique auprès des responsables publics qui ont besoin de ces données pour prendre les bonnes décisions au bon moment, mais également auprès du grand public, dont le degré d’information conditionne le succès des politiques sanitaires”, a renchéri son homologue français Jean-Yves Le Drian.

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