Conseil des imams de France: la mosquée de Paris fait main basse sur le projet du CFCM

La création d’un Conseil national des imams, l’une des priorités absolues de la “charte des principes pour l’islam de France”, soutenue et voulue par l’Etat français, est l’objet d’une bataille entre le CFCM et la mosquée de Paris. Cette dernière a dévoilé son projet qui n’est ni plus ni moins qu’un copié-collé du projet du CFCM qu’elle a bruyamment quitté en mars dernier.

Le Bureau du Conseil français du culte musulman (CFCM), réuni dimanche 14 novembre, en session extraordinaire, a débattu de l’initiative unilatérale de créer un Conseil national des imams, annoncée par la mosquée de Paris (GMP) et trois fédérations (FFAIACA, MF et RMF) qui lui sont affidées, toutes démissionnaires du bureau du CFCM en mars 2020.

Le CNI “sera créé lors d’une assemblée générale le dimanche 21 novembre 2021”, a annoncé la GMP.

Dans un communiqué, le CFCM précise que, le 10 novembre 2020, les fédérations qui le composent, y compris les démissionnaires, avaient “validé sous son égide l’ensemble des documents de la future instance intitulée “Conseil National des Imams (CNI)”, ainsi que ses statuts. Le 18 novembre 2020″.

Après sa validation, le projet de création du CNI, ses statuts et ses documents constitutifs ont été présentés au président français Emmanuel Macron par le président du CFCM, Mohammed Moussaoui.

“Le CFCM dénonce toute tentative de récupération de ce travail qu’il a accompli pour la mise en place du CNI. La légitimité de ce dernier ne peut être acquise que sous l’égide du CFCM et avec la participation de l’ensemble de ses fédérations ainsi que l’implication de toutes les structures régionales et départementales”, souligne  .

Le CFCM appelle l’ensemble des instances départementales du culte musulman à se réunir en congrès, le 12 décembre 2021, pour la mise en place effective du Conseil National des Imams.

En moins d’une semaine, le recteur de la mosquée de Paris, Chems eddine Hafiz, dans sa course frénétique à vouloir s’imposer comme comme la figure de proue de la communauté musulmane de France, a réactivé les divisions et les polémiques.

Le 11 novembre, le recteur de la GMP s’est fendu d’un communiqué incendiaire pour dénoncer qu’aucun représentant du culte musulman, y compris et surtout sa personne, n’a été invité à la cérémonie d’hommage aux soldats morts pendant la guerre 1914-1918, dont des soldats musulmans.

Dans un tweet, Mohammed Moussaoui a fait savoir que le CFCM a bien été convié à la cérémonie au nom du culte musulman. Ce à quoi le recteur de la mosquée de Paris répond par des insultes. “Le président du CFCM, qui ne pense qu’à son petit égo et qu’à lui-même n’est même pas conscient de la symbolique de la Grande Mosquée de Paris. Ce qui lui attire la sympathie des aigris qui auraient souhaité occupé le prestigieux poste de Recteur. Minable !”, a-t-il réagi.

Face à cette polémique, l’Elysée a démenti les allégations du recteur de la mosquée de Paris, attestant que Chems eddine Hafiz a bel et bien été convié à la cérémonie du 11 novembre.

Nous ne comprenons pas la réaction ni les indignations du recteur de la GMP, alors qu’il savait bien qu’il était invité à la cérémonie“, s’étonne auprès d’Atlasinfo une source française.

Pour le CFCM, “au moment où la Nation rendait hommage aux compagnons de libération dont font partie nos ancêtres, M. Hafiz, usant d’un langage injurieux, s’est montré indigne de la fonction du recteur de la mosquée de Paris”, alléguant que le CFCM “est dans la défense d’intérêts étrangers”, une “attitude irresponsable, dangereuse et condamnable”.

“Aussi, le CFCM est en droit de s’interroger sur la finalité de cette indignation théâtrale et de s’insurger contre les propos diffamatoires proférés à son encontre”, a ajouté le communiqué de cette instance représentative du culte musulman.

La mosquée de Paris, rappelons-le, a été érigée  par la France en signe de gratitude et de reconnaissance des sacrifices de milliers de soldats musulmans morts pour la France pendant la première guerre mondiale. Elle a été inauguré en 1926 par le président français Gaston Doumergue au côté du sultan marocain Moulay Youssef, dont le pays a grandement contribué à l’édification de cette mosquée en hommage aux 70 000 soldats musulmans tombés les armes à la main pour défendre la France.

Le sultan Moulay Youssef avait participé à la première prière du vendredi, dont le prêche avait été assuré par le grand érudit Sidi Ahmed Skirej, professeur à la prestigieuse université Qaraouiyine de Fès et imam de sa grande mosquée.

Mais cette mosquée, qui devait être celle de tous les musulmans de France, s’est au fil du temps transformée  en une mosquée algérienne, dirigée depuis Alger sans que les pouvoirs publics français réagissent pour rétablir l’objectif initial de son édification.

 

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