Algérie: dix ONG demandent la libération du militant Abdallah Benaoum

Amnesty International et neuf autres ONG de défense des droits humains ont demandé mardi aux autorités algériennes de libérer “immédiatement et sans condition” le militant Abdallah Benaoum qui souffre d’artériosclérose.

Amnesty International et neuf autres ONG de défense des droits humains ont demandé mardi aux autorités algériennes de libérer “immédiatement et sans condition” le militant Abdallah Benaoum qui souffre d’artériosclérose.

M. Benaoum, 55 ans, qui a activement participé au mouvement de contestation antirégime “Hirak”, est détenu depuis le 9 décembre 2019 pour “avoir publié sur Facebook des opinions critiques à l’égard des autorités”.

Selon les ONG, il “a besoin de toute urgence d’une opération du coeur, dont il est privé du fait de son maintien en détention illégale et du refus des autorités de lui prodiguer l’accès aux soins médicaux dont il a besoin”.

Article 19, la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et Riposte Internationale ont aussi signé l’appel.

Ces organisations rappellent que deux détenus d’opinion — Mohamed Tamalt en 2016 et Kamel Eddine Fekhar en 2019 — sont décédés dans les geôles algériennes et demandent la libération “sans condition” de M. Benaoum afin d’éviter qu’il “ne subisse le même sort”.

Abdallah Benaoum est poursuivi notamment pour “délit de possession et diffusion de vidéos visant à porter atteinte au moral des troupes, à la sécurité de l’Etat, à l’unité et à l’intégrité de la Nation, outrage à corps constitué et incitation aux attroupements”, selon le parquet.

Reporté à plusieurs reprises, son procès devrait avoir lieu le 27 octobre à Relizane (ouest).

Le parquet général de Relizane avait affirmé début octobre que M. Benaoum était “sous surveillance médicale continue depuis son transfert à Oran le 30 juin” à la demande du médecin, ajoutant qu’il avait plusieurs fois refusé d’être transféré à l’hôpital.

Abdallah Benaoum avait déjà été emprisonné entre avril 2018 et juin 2019 pour des accusations d'”outrage au président de la République” et pour avoir “instrumentalisé les blessures de la tragédie nationale”, au titre de l’article 46 de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale de 2006 qui interdit les publications portant sur la guerre civile algérienne (1992-2002).

Cette “décennie noire” a opposé le gouvernement aux groupes armés islamistes et a fait officiellement 200.000 morts.

En pleine crise sanitaire, les autorités ont multiplié les détentions et les poursuites à l’encontre de militants, de journalistes et de blogueurs afin, selon les opposants, de briser le “Hirak”, soulèvement populaire pacifique né début 2019 qui réclame un démantèlement du “système” en place depuis l’indépendance (1962).

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