Ouverture des frontières turques: la crise entre Ankara et l’UE

Rappel des principaux développements depuis la décision de la Turquie d’ouvrir ses frontières avec l’Europe et de laisser passer les réfugiés, afin d’obtenir un appui occidental en Syrie.

– La Turquie ouvre ses portes –

Le 28 février, la Turquie, qui accueille quelque quatre millions de réfugiés dont une majorité de Syriens, menace les Européens de laisser passer un afflux de migrants si elle n’obtient pas un soutien actif des Occidentaux dans son bras-de-fer avec la Russie en Syrie.

La décision d'”ouvrir les portes” a été prise dans la nuit lors d’un conseil de sécurité extraordinaire présidé par le chef de l’Etat Recep Tayyip Erdogan après la mort la veille d’au moins 33 militaires turcs dans la région d’Idleb (nord-ouest de la Syrie) dans des frappes aériennes attribuées par la Turquie au régime syrien.

Prise en dépit d’un accord conclu en 2016 avec Bruxelles aux termes duquel Ankara s’engageait à lutter contre les passages clandestins en échange d’une aide financière, la décision turque réveille le souvenir de la crise migratoire majeure qui a secoué l’Europe en 2015.

– Renforts aux frontières –

La Grèce annonce un renforcement des patrouilles aux frontières avec la Turquie. La Bulgarie dépêche la gendarmerie à sa propre frontière avec la Turquie, tandis que la Commission européenne appelle Ankara à respecter ses “engagements” pris en 2016.

Des centaines de migrants sont bloqués par les garde-frontières grecs au poste frontalier de Kastanies (nord-est de la Grèce).

Deux bateaux avec 70 demandeurs d’asile à bord arrivent sur l’île grecque de Lesbos.

– Afflux de migrants –

Le 29, la Turquie annonce qu’elle maintiendra ses frontières avec l’Europe ouvertes.

Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), quelque 13.000 migrants sont massés le long des 212 km de la frontière terrestre gréco-turque qui borde le fleuve Evros.

Des échauffourées éclatent entre policiers grecs tirant des grenades lacrymogènes et migrants jetant des pierres.

Plusieurs canots pneumatiques transportant des migrants arrivent sur les îles égéennes de Lesbos, Chios et Samos.

– Appel au calme –

Le 1er mars, l’agence européenne de contrôle des frontières Frontex déploie des renforts et relève son niveau d’alerte à la frontière gréco-turque.

Les Nations unies appellent au calme et à ne pas utiliser une force “excessive” contre les migrants.

Environ 2.000 personnes supplémentaires arrivent au poste-frontière turc de Pazarkule (Kastanies côté grec). Au moins 500 migrants accostent à Lesbos.

La Grèce se place en état d’alerte “maximum”.

– Tensions à Lesbos –

Le 2, M. Erdogan somme l’Europe de “prendre sa part du fardeau” dans l’accueil des migrants.

Le lendemain, l’UE dépêche ses dirigeants à la frontière gréco-turque.

Alors qu’environ 1.720 migrants ont rejoint les îles de la mer Égée, la tension monte d’un cran sur l’île de Lesbos où les ONG sont prises pour cible.

– L’UE dénonce un chantage –

Le 4, nouveaux heurts entre réfugiés et policiers grecs à la frontière.

M. Erdogan accuse les Européens de “piétiner” les droits humains en “battant, coulant les embarcations et même en tirant” sur les migrants. Athènes dément avoir tiré à balles réelles.

Les ministres de l’Intérieur de l’UE rejettent “fermement” le chantage de la Turquie. Ils promettent de “prendre toutes les mesures nécessaires” pour protéger les frontières “dans le respect du droit de l’UE et international”, répondant implicitement aux critiques de l’ONU et des ONG au sujet de la suspension des demandes d’asile décidée par Athènes.

A l’issue d’une visite à Ankara, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell annonce une aide d’urgence de 170 millions d’euros “pour les plus vulnérables en Syrie”.

Le 5, Ankara déploie un millier de policiers le long du fleuve frontalier pour empêcher la Grèce de repousser les migrants.

Selon Athènes, quelque 35.000 tentatives d’entrées illégales ont été empêchées durant les cinq derniers jours, dont près de 7.000 ces dernières 24 heures.

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