L’ins­ti­tut Mo­ham­med VI de for­ma­tion des imams, un phare de dif­fu­sion d’un islam du “juste mi­lieu” (L’Express)

“Au coeur du cam­pus uni­ver­si­taire de Rabat, ca­pi­tale du Maroc, l’ins­ti­tut Mo­ham­med VI de for­ma­tion des imams s’af­fiche comme un phare de dif­fu­sion d’un islam du « juste mi­lieu », basé sur « la mo­dé­ra­tion et la to­lé­rance ». Un ob­jec­tif am­bi­tieux, mais sur­tout im­pé­ra­tif, pour contrer la mon­tée des mou­ve­ments sa­la­fistes, aux ni­veaux tant local qu’in­ter­na­tio­nal”, souligne dans un reportage l’hebdomadaire français l’Express dans sa dernière livraison.

Inau­guré en mars 2015, l’ins­ti­tut forme des cadres du culte mu­sul­man sun­nite. Et en pre­mier lieu : l’imam et aussi des pré­di­ca­teurs et des « pré­di­ca­trices » – une pre­mière – ca­pables de dé­li­vrer la bonne pa­role au quo­ti­dien, en de­hors des mos­quées, rappelle l’hebdomadaire.

De­puis deux ans, le nombre des re­crues s’en­vole, relève L’Express, indiquant que l’ins­ti­tut ac­cueille au­jour­d’hui 1195 étu­diants, presque tous pen­sion­naires. Des Marocains bien sûr, mais aussi des Ma­liens, des Ivoi­riens, des Gui­néens, des Ni­gé­rians, des Tcha­diens, ainsi qu’une cin­quan­taine de Fran­çais, dont six femmes et une poi­gnée de conver­tis.

« On manque d’imams com­pé­tents dans la ré­gion d’Avi­gnon, ex­plique à L’Express us­sama Arbai, 22 ans, avec une pointe d’ac­cent mé­ri­dio­nal. Ici, on ac­quiert une for­ma­tion so­lide en théo­lo­gie et en langue arabe, tout en sui­vant des cours de phi­lo­so­phie, de so­cio­lo­gie, d’his­toire… Cela nous per­met d’avoir une bonne com­pré­hen­sion de notre re­li­gion et d’échap­per à la vi­sion sec­taire de l’is­lam que pro­fessent cer­tains. »

"L’éta­blis­se­ment est placé di­rec­te­ment sous l’au­to­rité spi­ri­tuelle du roi Mo­ham­med VI. Connu pour être issu de la li­gnée du pro­phète de l’is­lam, le sou­ve­rain Marocain est le « com­man­deur des croyants ». Ce titre pres­ti­gieux per­met au Maroc de dé­ployer une in­tense « di­plo­ma­tie re­li­gieuse », des­ti­née à lut­ter contre la me­nace dji­ha­diste qui dé­sta­bi­lise le Sahel, l’en­semble du monde arabo-mu­sul­man et qui pointe ses armes contre l’Oc­ci­dent", écrit L’Express.

Les pre­miers étu­diants étran­gers à avoir in­té­gré l’ins­ti­tut sont ar­ri­vés du Mali, dont la moi­tié nord a subi l’oc­cu­pa­tion de groupes dji­ha­distes en 2012-2013. Quatre autres pays d’Afrique de l’Ouest ont adopté la même dé­marche, rappelle encore l’hebdomaire.

Côté fran­çais, un ac­cord a été signé le 19 sep­tembre 2015 par Laurent Fa­bius, alors mi­nistre des Af­faires étran­gères, et Ahmed Tou­fiq, mi­nistre des Ha­bous (Biens) et des Af­faires is­la­miques.

"Les can­di­dats sont sé­lec­tion­nés par l’Union des mos­quées de France, d’obé­dience Marocaine, qui cha­peaute près de 700 lieux de culte. Ainsi, le Maroc, qui en­tend consti­tuer un pont entre le monde mu­sul­man et l’Eu­rope, offre « une so­lu­tion tem­po­raire » à la France pour sa­tis­faire sa de­mande d’imams", note L’Express.

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