La transition dans les pays du “Printemps arabe” est jalonnée de risques endogènes et exogènes (colloque)

Le processus de transition démocratique dans les pays du "Printemps arabe" est jalonné d’incertitudes, de défis et de risques aussi bien endogènes qu’exogènes, qui soulignent la nécessité d’unifier les rangs afin de garantir la stabilité et le développement de la région, telle est l’idée centrale développée, vendredi soir, par d’anciens leaders arabes qui ont enrichi de leurs témoignages et réflexions les travaux d’un colloque sur "Les saisons du Printemps arabe: notre vision et celle des autres".

Tout en se gardant de porter un "jugement hâtif sur ce Printemps qui se trouve encore à l’état embryonnaire", l’ex-président du conseil exécutif du Conseil national de transition libyen, Mahmoud Jibril, qui intervenait à l’ouverture de ce colloque organisé dans le cadre du 35ème Moussem culturel international d’Assilah, a mis en garde contre les "tentatives d’instrumentalisation" des révolutions survenues dans le monde arabe, de la part de certaines élites politiques nationales, mais aussi par des pays ayant des intérêts dans cette région stratégique du monde.

Il a, également, écarté la thèse selon laquelle le Printemps arabe serait le résultat d’un vaste complot orchestré par des parties étrangères, voyant là "une sous-estimation de la capacité des peuples arabes à provoquer le changement et à être maîtres de leurs destins".

"Si le Printemps arabe a amorcé une transition vers la modernité, il n’en demeure pas moins qu’il passe aujourd’hui par un moment délicat à cause du ralentissement économique dû au climat d’instabilité qui règne sur la région et de l’accentuation des clivages, notamment religieux, entre les composantes des sociétés arabes postrévolutionnaires", a noté l’ancien responsable libyen, préconisant le lancement d’un dialogue national dans les pays concernés afin de transcender ces divergences.

Pour Marwan Al Maachar, ancien ministre jordanien des Affaires étrangères, c’est "surtout la capacité des Etats à consacrer le pluralisme politique et culturel, à garantir la primauté de la loi et à instaurer une culture citoyenne fondée sur la tolérance et le respect de l’autre, qui déterminera le sort du Printemps arabe".

"Si le premier printemps du monde arabe avait eu lieu, d’après M. Al Maachar, au début du siècle passé, lorsque les peuples de la régoion se sont soulevés contre le colonisateur, ces mêmes peuples doivent livrer aujourd’hui un combat uni contre les parties qui ne croient pas au pluralisme et à la différence et qui sèment la zizanie dans la société par leurs discours d’exclusion et de déni de l’autre".

Pour Hassan Abou Ayoub, ambassadeur du Maroc en Italie, "ce que nous vivons aujourd’hui est bel et bien un printemps international" caractérisé par "la faillite du système de représentation politique tel que pratiqué actuellement et l’exacerbation des disparités sociales de par le monde".

Les gouvernements du monde semblent être dépassés et impuissants face à des questions aussi complexes que les changements climatiques et les dysfonctionnements sociaux et économiques, d’où la nécessité d’apporter des réponses collectives et concertées aux problèmes qui surgissent, a-t-il soutenu.

Dans une allocution à l’ouverture du colloque, le secrétaire général de la Fondation du Forum d’Assilah, Mohamed Benaïssa, a relevé que "deux ans après les événements du Printemps arabe, les avancées accomplies sur le terrain demeurent en deçà des attentes populaires".

Et de souligner que le Maroc a pu effectuer sa révolution tout en douceur grâce à la clairvoyance et au leadership de SM le Roi Mohamed VI, qui a "surpris le monde entier par des mesures courageuses et sans précédent dans la région arabe", et qui a toujours été à l’écoute de son peuple et des attentes des jeunes générations.

MAP

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