ENCADRE: Principales figures de l’opposition égyptienne

Le soulèvement égyptien, qui ne montre aucun signe d’essoufflement, pose de façon de plus en plus criante la question des alternatives au régime d’Hosni Moubarak.

Le président, au pouvoir depuis près de 30 ans, s’attache depuis toujours à museler l’opposition et à limiter ses activités en invoquant l’état d’urgence. Rares sont les partis autorisés à exister en tant que tels, aussi les associations, les syndicats, l’appareil juridique et la presse jouent-ils un rôle important sur la scène politique.

Voici quelques-unes des personnalités et des formations susceptibles d’émerger à brève échéance:

MOHAMED ELBARADEI

L’ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), âgé de 68 ans, a regagné l’Egypte au terme d’une carrière couronnée en 2005 par le prix Nobel de la paix. Ce juriste de formation s’est immédiatement lancé dans l’arène politique en souhaitant la fin du régime autocratique de Moubarak et une profonde réforme des institutions.

Il ne fait toutefois pas l’unanimité parmi les militants démocrates, dont certains lui reprochent ses longs séjours à l’étranger ces derniers mois (voir ïID:nLDE70U12Wû).

Rentré d’Autriche jeudi dernier, Mohamed ElBaradeï s’est dit prêt à siéger dans un gouvernement de transition, a appelé à la démission de Moubarak et s’est joint aux manifestants de la place Tahrir, épicentre de la contestation dans la capitale égyptienne.

Il a été mandaté dimanche par des formations de l’opposition pour négocier la formation d’un gouvernement d’union nationale.

MOHAMMED BADIE

A 66 ans, Mohammed Badie est devenu l’an dernier le chef de file des Frères musulmans, première force de l’opposition. La confrérie islamiste est dirigée de façon collégiale et plusieurs personnalités telles qu’Essam al Erian ou Kamel el Helbaoui à Londres peuvent parler en son nom. Si le mouvement devait toutefois entamer des discussions avec les autorités, ce serait sans aucun doute sous la direction du "Mourchid al aam", le Guide général, c’est-à-dire Mohammed Badie.

Il est considéré comme un conservateur soucieux de ne pas défier le pouvoir pour éviter une radicalisation de la répression. Hosni Moubarak a fait de la lutte contre l’islamisme l’une de ses priorités et les autorités accusent ses partisans d’avoir semé le trouble lors des manifestations de la semaine dernière.

Officiellement interdite, la confrérie est toutefois tolérée à conditions que ses membres ne s’en réclament pas. En 2005, les Frères musulmans avaient remporté un cinquième environ des sièges au parlement, dont ils ont été totalement évincés lors des législatives très critiquées de novembre dernier.

AYMAN NOUR

Avocat de formation, ce progressiste s’est présenté à la présidentielle de 2005 contre Moubarak, ce qui lui a valu d’être condamné à cinq ans de prison pour usage de faux lors de la création de son parti, baptisé Ghad (Demain). Il a été remis en liberté après avoir purgé un peu plus de trois ans, mais il restera inéligilible cinq ans après le terme de la peine originale. Il ne pourra donc se présenter au scrutin prévu pour septembre.

Avant de fonder Ghad, Ayman Nour a siégé au sein du groupe parlementaire du parti Wafd.

AMR MOUSSA

Le secrétaire général de la Ligue arabe était très apprécié lorsqu’il dirigeait la diplomatie égyptienne. Ses déclarations en faveur de la cause palestinienne lui valaient alors les louanges des chanteurs populaires. Son départ pour la Ligue arabe, institution conservatrice, a quelque peu terni son image mais il reste l’une des personnalité les plus en vue en Egypte.

Amr Moussa, qui a pris la parole a plusieurs reprises depuis le début de la contestation, s’est prononcé dimanche pour l’instauration du pluralisme démocratique.

AHMED ZEWAIL

Lauréat du prix Nobel de chimie en 1999, Ahmed Zewaïl a assuré l’an dernier n’avoir aucune ambition politique. La presse égyptienne annonce toutefois son retour dès mardi en Egypte pour reprendre ses travaux dans le comité réflexion sur la réforme des institutions, notamment aux côtés d’Ayman Nour.

Dans une "lettre ouverte au peuple égyptien" publiée par le quotidien Al Chourouk, il propose la création d’un "conseil des sages" chargé de rédiger une nouvelle constitution.

HAMDINE SABAHI

Militant populaire de la cause panarabe, il dirige le parti Karama, qui n’a jamais été reconnu par les autorités. Elu au parlement en 2005, Hamdine Sabahi a envisagé de se présenter la même année à la présidentielle avant d’y renoncer.

KEFAYA

Fondé en 2004 par George Ickak, syndicaliste respecté, ce mouvement a galvanisé les détracteurs de Moubarak lors des manifestations de 2005 en refusant que son fils Gamal lui succède. L’organisation, qui s’appuie sur la classe moyenne, a par la suite été victime de dissensions, mais semble avoir joué un rôle dans la mobilisation de la semaine dernière.

AUTRES PARTIS

Le parti Wafd, dont l’histoire est antérieure au coup d’Etat militaire de 1952, est le bastion traditionnel des démocrates égyptiens, mais certains le soupçonnent depuis quelques années de collusion avec le pouvoir.

Le mouvement de gauche Tagammou a joué un rôle similaire.

L’islamiste Maggy Hussein, chef de file du Parti travailliste qui a fait de fréquents séjours en prison, fait également partie des personnalités en vue.

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