La Chine accuse un avion philippin d’« intrusion illégale » dans l’espace aérien du récif de Scarborough
Manille affirme que la patrouille de routine d'un Cessna 208 a été perturbée par un chasseur J-16, tandis que Pékin invoque ses « lois et réglementations » et revendique la souveraineté sur le récif.

La Chine a mis en garde lundi 5 octobre les Philippines contre l’« intrusion illégale » d’un avion philippin en mer de Chine méridionale, samedi. Manille a accusé dimanche Pékin d’avoir harcelé cet aéronef, qui réalisait une « patrouille militaire de routine ».
La position de Pékin
Un avion philippin C-208 « a illégalement pénétré dans l’espace aérien territorial au-dessus de Huangyan Dao, qui appartient à la Chine », a déclaré un porte-parole du Commandement sud de l’armée chinoise. Huangyan Dao est le nom chinois du récif de Scarborough.
Le capitaine de vaisseau Zhai Shichen a affirmé dans un communiqué publié lundi sur WeChat que les forces navales et aériennes chinoises « ont suivi et surveillé l’avion philippin, et lui ont adressé des avertissements pour l’expulser, conformément aux lois et réglementations ». Il estime que les actions des Philippines « violent gravement la souveraineté de la Chine ». Il a appelé Manille à « cesser immédiatement les violations juridiques et les actes de provocation ».
La position de Manille
Les forces armées philippines affirment que deux avions militaires chinois, dont un chasseur J-16, ont croisé samedi leur appareil près du récif, que Manille appelle Bajo de Masinloc. Elles disent que le J-16 s’est approché à plusieurs reprises du Cessna 208, a manœuvré devant et autour de lui, et s’est placé dans son sillage. Elles ne signalent ni dégât ni blessé. L’armée philippine a dénoncé « un comportement dangereux et coercitif récurrent à l’encontre de navires et d’aéronefs gouvernementaux philippins menant des opérations légales ».
Le gouvernement philippin a signalé une deuxième confrontation dimanche, impliquant des bateaux dans l’archipel des Spratleys, plus au sud. Manille affirme que « les garde-côtes chinois n’ont aucune autorité en matière de maintien de l’ordre dans les eaux territoriales de l’île de Pag-asa (Thitu) ».
Le statut du récif
Le récif de Scarborough est revendiqué à la fois par la Chine, qui le contrôle de fait depuis 2012, et par les Philippines. Pékin revendique la majeure partie de la mer de Chine méridionale, malgré une décision de justice internationale de 2016 ayant conclu que ces revendications n’avaient aucun fondement juridique.
Des incidents à répétition
Le 18 septembre, les garde-côtes philippins ont accusé leurs homologues chinois d’avoir percuté un bateau du ministère de la Pêche, le BRP Datu Magat Salamat, dans les Spratleys. La garde côtière chinoise a condamné le comportement du navire philippin, qui porte selon elle « l’entière responsabilité de l’incident ». Après une brève accalmie, les confrontations entre les deux pays ont repris en juillet, alors que Manille accueillait une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN.




