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Pressenti aux Affaires étrangères, Eduardo Bolsonaro veut « parler au Maroc de la question du Polisario »

Pressenti pour diriger la diplomatie brésilienne en cas de victoire de son frère Flavio au second tour de la présidentielle, Eduardo Bolsonaro a évoqué la nécessité de « parler au Maroc de la question du Polisario », dans un pays où le gouvernement actuel maintient une position prudente mais déjà favorable aux efforts marocains.

Dans une vidéo publiée mercredi 30 septembre, Eduardo Bolsonaro, frère du candidat à la présidentielle brésilienne Flavio Bolsonaro et pressenti pour occuper le ministère des Affaires étrangères en cas de victoire de ce dernier, a inclus le dossier du Polisario parmi les priorités d’un futur gouvernement bolsonariste.

« Nous ne serons pas un gouvernement qui laisse passer une occasion. Il faut parler avec le Maroc de la question du Polisario », a-t-il déclaré.

Une sortie qui précède directement une charge contre des diplomates jugés complices

Cette référence au Polisario intervient dans la continuité immédiate d’un passage de la vidéo consacré à l’Itamaraty, où Eduardo Bolsonaro annonce un « grand nettoyage » de la diplomatie brésilienne et accuse certains diplomates d’avoir facilité la vie de proches du président Lula. « Qui facilite la vie d’un criminel est complice de ce criminel. La vie ne sera pas facile avec le gouvernement Bolsonaro 2.0 », avait-il lancé juste avant d’enchaîner sur sa liste de priorités diplomatiques, parmi lesquelles figure le Polisario.

Une élection encore en cours

Ces annonces interviennent alors que la présidentielle brésilienne, dont le premier tour s’est tenu dimanche 4 octobre, s’annonce particulièrement serrée entre Lula, qui brigue un quatrième mandat non consécutif, et Flavio Bolsonaro, dans un scrutin où un second tour est jugé probable le 25 octobre.

« Vous me demandez si je vais être ministre ? »

Interrogé en creux sur ses propres ambitions, Eduardo Bolsonaro a répondu de façon évasive : « Vous me demandez si je dis que je vais être ministre des Relations extérieures ? Les ministres sont annoncés par le président Flavio Bolsonaro », sans démentir l’hypothèse.

Ancien député fédéral, où il présidait la commission des Affaires internationales et de la Défense nationale, il vit aux États-Unis depuis 2024 et est régulièrement cité comme l’un des noms possibles pour diriger la politique étrangère brésilienne en cas de victoire de son frère.

Une position brésilienne officiellement prudente, mais déjà favorable aux efforts marocains

Le Brésil n’a jamais reconnu la pseudo-RASD, dont le Polisario ne dispose dans le pays que d’un bureau à caractère associatif, dirigé depuis 2021 par Ahmed Mulay Ali Hamadi, qui cherche depuis plusieurs années, sans succès, à obtenir un contact direct avec Lula pour plaider en faveur d’une reconnaissance.

Dans un communiqué conjoint signé le 7 juin 2024 à Rabat, le ministre brésilien des Affaires étrangères, Mauro Vieira, avait salué, aux côtés de Nasser Bourita, « les efforts sérieux et crédibles du Maroc pour avancer vers un règlement du différend autour du Sahara, dans le cadre de l’initiative d’autonomie présentée par le Royaume en 2007 » — une formule saluant la démarche marocaine, sans constituer une adhésion pleine et entière au plan lui-même.

Romenio Pereira, secrétaire aux relations internationales du Parti des travailleurs de Lula, avait pour sa part qualifié cette position de « constructive et équilibrée », tout en rappelant le soutien exprimé par le Sénat brésilien au plan d’autonomie dès juin 2023.

Le président Lula est allé plus loin le 21 octobre 2024, en exprimant son soutien personnel au plan d’autonomie marocain. Cette ligne, historiquement plus proche des thèses du Polisario du temps de la présidence de Dilma Rousseff, a nettement évolué ces dernières années, dans un contexte où le Brésil reste la première économie d’Amérique latine.

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