L’Arabie saoudite apporte son soutien aérien à la contre-offensive du gouvernement yéménite contre les Houthis
Alors que Taëz est encerclée, Ryad engage son aviation derrière Aden, tandis qu'une frappe interrompt de nouveau le pompage sur un oléoduc vital pour le pétrole saoudien.

La coalition militaire menée par l’Arabie saoudite a annoncé lundi 5 octobre apporter son soutien aérien à la contre-offensive lancée par le gouvernement yéménite pour reprendre aux combattants pro-iraniens houthis les territoires dont ils se sont récemment emparés.
L’opération « Aube du Yémen »
Rachad al-Alimi, chef du Conseil présidentiel de direction yéménite, a annoncé dimanche le lancement de cette contre-offensive. La coalition dirigée par Ryad, qui soutient le gouvernement yéménite depuis 2015, a indiqué prendre part à l’opération, baptisée « Aube du Yémen ». Elle affirme apporter un « soutien aérien 24 heures sur 24 aux forces armées yéménites au sol » et assurer la protection aérienne du détroit de Bab el-Mandeb.
Le porte-parole de la coalition, le général Turki al-Maliki, a déclaré sur X : « Cent avions de combat ont participé » à l’offensive et « 324 cibles de grande valeur » ont été détruites.
Des bilans contradictoires
Les forces gouvernementales affirment avoir mené « 1.122 attaques » contre les Houthis dans les régions de Saada, d’Al-Jawf, de Taëz et sur la côte occidentale. La chaîne houthie Almasirah confirme des frappes dans la région de Saada, fief du mouvement.
Le porte-parole des forces gouvernementales, Majid al-Nazili, affirme que plus de 1.500 combattants houthis ont été « neutralisés ». Il assure que ses forces ont pris le contrôle de l’aéroport de Dhubab, ville côtière proche de Bab el-Mandeb, et coupé la route menant au port de Mokha, récemment tombé aux mains des Houthis. Une source militaire houthie dément cette information.
Les forces gouvernementales ont fait état dimanche d’une offensive sur Sanaa, la capitale, aux mains des Houthis. L’agence de presse des Houthis parle de frappes saoudiennes sur la ville. La chaîne Almasirah affirme qu’une femme et une fillette ont péri dans des bombardements dans le gouvernorat de Sanaa.
Taëz encerclée
Dimanche, les Houthis ont coupé un axe clé reliant Taëz, troisième ville du pays, à Aden, où siège le gouvernement reconnu par la communauté internationale. Ils encerclent désormais Taëz. Des habitants ont dit leur détermination à rester. L’un d’eux, Fahmi Ahmed Ghaleb, a déclaré : « Nous resterons et nous mourrons dans cette ville ».
L’oléoduc Est-Ouest de nouveau touché
Les Houthis, qui attaquent régulièrement l’Arabie saoudite et ses infrastructures pétrolières, affirment avoir frappé dimanche des sites du géant pétrolier Aramco à Ryad et dans la région de Khurais, dans l’est du royaume.
Une source du secteur énergétique saoudien a fait état de l’interruption du transport de pétrole par l’oléoduc Est-Ouest. Elle a déclaré : « Une station de pompage située à Khurais, à l’est de Ryad, a été touchée », ajoutant que « les pompages ont de nouveau été interrompus ». Cet oléoduc, qui permet à l’Arabie saoudite d’acheminer son pétrole vers la mer Rouge en contournant le détroit d’Ormuz, avait déjà été mis à l’arrêt en septembre. Il est devenu crucial pour le premier exportateur mondial de brut depuis le blocage d’Ormuz par Téhéran.
Le contexte
Depuis la reprise des hostilités en juillet, après des années d’accalmie, le gouvernement yéménite peine à freiner les Houthis. Ceux-ci ont pris en septembre le contrôle du littoral de la mer Rouge à l’issue d’une offensive éclair. Ils avaient renforcé leur emprise sur Bab el-Mandeb, dont l’importance a augmenté après les restrictions de navigation imposées par l’Iran dans le détroit d’Ormuz, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient en février.



