Colère lycéenne en France: 86.000 personnes dans les manifestations, selon la police, 260 000, selon les syndicats
Les lycéens français sont attendus en nombre dans la rue ce mardi. L'utilisation des armes intermédiaire et LBD par la police a fait de graves blessés parmi les lycéens.

Les manifestations organisées dans plusieurs villes de France, hors Paris, ont mobilisé plus de 260 000 manifestants à 13h30, selon la CGT. De son côté, le ministère de l’Intérieur évoquait 86 000 personnes à la mi-journée.
Cette nouvelle journée de manifestation de la génération Z a été présentée par l’Union syndicale lycéenne comme l' »acte III » de la mobilisation. Elle est soutenue par plusieurs syndicats, notamment une intersyndicale de l’Éducation nationale.
Les autorités attendent entre 150.000 et 200.000 manifestants à travers la France aujourd’hui, a appris BFMTV de source sécuritaire. Elles s’attendent à une mobilisation massive, à la fois des lycéens et des étudiants.
Au total, plus de 891 établissements sont touchés par ce mouvement, a annoncé le ministère de l’Education à franceinfo.
L’Union étudiante a pour sa part annoncé que 90% des universités de France sont perturbées. Plus de 57 sites universitaires sont bloqués de Montpellier à Lille en passant par Paris, Le Mans, Poitiers ou encore Toulouse.
Au moins 27 universités sont concernées par des fermetures administratives préventives, soit plus de 30% des sites universitaires.
Utilisation d’armes intermédiaires
Depuis le début de la mobilisation des lycéens, l’utilisation d’armes intermédiaires comme les grenades de désencerclement et les lanceurs de balles de défense (LBD) à l’encontre de mineurs suscite de vives critiques, notamment au sein d’une partie de la classe politique.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a qualifié d’anormales les conséquences irréversibles de ces usages sur les lycéens gravement blessés, tout en affirmant surveiller la proportionnalité de l’action. Il a précisé que, dans presque tous les cas, l’intervention est considérée comme appropriée, s’appuyant sur les plus de 6 100 interpellations effectuées depuis le début de la mobilisation.
Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale, a appelé à la démission de Laurent Nuñez lors d’un point presse hebdomadaire, dénonçant une “répression sans précédent”.
Elle a affirmé que “la France est le seul pays en Europe où des enfants peuvent être blessés à vie simplement pour avoir manifesté en faveur d’un avenir meilleur”. Elle a ajouté : “Quand un ministre de l’Intérieur annonce qu’il n’y a aucune directive de retenue et qu’aucune restriction ne s’applique à l’utilisation de l’armement des forces de sécurité intérieure, il ouvre la porte au pire et porte atteinte à sa propre dignité”.




