Le sénateur brésilien Flávio Bolsonaro privé de passeports après sa défaite
Un juge de la Cour suprême a ordonné l’annulation de ses passeports et lui interdit de quitter le pays. La police vérifie un possible départ, que l’Argentine dément.

Le sénateur conservateur brésilien Flávio Bolsonaro, battu à la présidentielle par Lula, est privé de ses passeports et interdit de quitter le Brésil. La police fédérale a sollicité mardi 27 octobre les autorités argentines pour vérifier s’il avait quitté le pays, sans qu’aucun départ ne soit confirmé.
L’ordre de la Cour suprême
Lundi 26 octobre, le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes a ordonné l’annulation des passeports ordinaire et diplomatique de Flávio Bolsonaro, 45 ans, leur remise dans un délai de 24 heures et l’interdiction de quitter le pays. La police fédérale lui a notifié l’ordre à la sortie de la maison de son père, l’ancien président Jair Bolsonaro, assigné à résidence à Brasilia. La mesure s’inscrit dans une enquête pour soupçons de blanchiment d’argent liée à un ami et avocat du sénateur. Flávio Bolsonaro a affirmé qu’il se conformerait à l’ordre, en dénonçant une tentative claire de m’intimider. Il attribue la décision aux propos de son frère Eduardo, ancien député installé aux États-Unis, qui avait suggéré le 23 octobre qu’il quitte le Brésil en cas de défaite. Le délai de 24 heures a expiré sans remise des passeports, et la police doit saisir le juge Alexandre de Moraes.
La rumeur d’un départ
Un site argentin a rapporté que le sénateur avait gagné Puerto Iguazú, en Argentine, à bord d’un avion privé, pour rejoindre les États-Unis. La police fédérale a sollicité mardi les autorités argentines. La présidence argentine a indiqué que la Direction nationale des migrations n’enregistre aucune entrée de Flávio Bolsonaro dans le pays. Les autorités ont aussi contrôlé un avion privé à l’aéroport de Puerto Iguazú, sans relever de plan de vol faisant état d’un déplacement de membres de la famille Bolsonaro. Le coordinateur de sa campagne, le sénateur Rogério Marinho, a démenti l’information. Flávio Bolsonaro a déclaré qu’il n’avait jamais pensé à quitter le pays.
Une enquête sur un financement étranger
Mardi, le juge de la Cour suprême Flávio Dino a ordonné à la police fédérale d’ouvrir une enquête sur un éventuel financement étranger de la campagne de Flávio Bolsonaro. Elle portera sur des négociations auxquelles aurait participé l’organisation américaine Rockbridge Network, sur des contenus favorables au sénateur diffusés depuis l’étranger sans identification de l’annonceur, et sur de possibles manipulations d’algorithmes. L’équipe de campagne de Lula avait saisi la justice électorale pour dénoncer une ingérence de Meta, accusée de restreindre la circulation de ses contenus sur Instagram et WhatsApp. L’ouverture de l’enquête ne vaut pas preuve, et le sénateur nie tout financement étranger irrégulier. Il fait par ailleurs l’objet d’une enquête pour corruption et blanchiment dans le financement d’un film biographique sur son père, qu’il conteste.
Un changement de stratégie
Lundi, le Parti libéral a reconnu la réélection de Lula, mais Flávio Bolsonaro n’a pas formellement reconnu sa défaite. Il a renoncé à demander l’annulation de l’élection et annoncé qu’il saisirait le Tribunal supérieur électoral pour faire invalider la candidature de Lula pour abus de pouvoir politique et économique.
Lula, qui a fêté ses 81 ans mardi, a comblé son retard du premier tour et décroché un quatrième mandat inédit.



