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Lecornu reçoit les syndicats, Macron appelle à la fermeté depuis Doha

Après une nouvelle nuit de couvre-feux localisés, Sébastien Lecornu reçoit les syndicats. Depuis Doha, Emmanuel Macron appelle de nouveau à « la fermeté ».

Après une nouvelle nuit de couvre-feux localisés, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu mercredi 21 octobre 2026 les organisations syndicales. Le président Emmanuel Macron appelle de nouveau à « la fermeté » envers les auteurs des violences.

Macron depuis Doha

Depuis le Qatar, où il achève une tournée de trois jours dans le Golfe, le chef de l’État a affirmé que « la main ne doit pas trembler au sommet de l’État » pour punir les casseurs. Il a annoncé pour jeudi matin une réunion avec les services de renseignement pour faire la « transparence » sur les événements du week-end, avant une nouvelle journée de manifestations samedi. Il a justifié le maintien de son déplacement, très décrié, en promettant que les Français auront « le juste retour » des accords énergétiques conclus, dont « l’équivalent de 2 TWh par mois de gaz naturel liquéfié » obtenu du Qatar durant l’hiver.

Il a dénoncé les « dirigeants étrangers » qui « font campagne sur le dos de la France », dans une allusion à des propos de Donald Trump et de Benjamin Netanyahou sur les violences. Sans constater d’« ingérence étrangère visible », il a dénoncé « une manipulation étrangère de l’information ». « Aucune violence n’est légitime », a-t-il ajouté, jugeant qu’il y a eu « trop de gens ambigus ».

Des critiques de tous bords

Des figures de tous bords ont dénoncé ce qu’elles perçoivent comme une défaillance du pouvoir. L’ancien président François Hollande attaque un gouvernement « faible » et un président « absent ». Le candidat d’Horizons à la présidentielle, Édouard Philippe, critique le maintien du voyage dans le Golfe. La favorite des sondages, Marine Le Pen (RN), s’en prend à « un pouvoir finissant » qui « n’a plus la main ».

La réunion avec les syndicats

Sébastien Lecornu voulait évoquer « les voies et moyens pour garantir l’indispensable liberté de manifester », que « certains essaient de dévoyer », indique son courrier aux organisations. Après 2 h 30 de réunion, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, n’a entendu « aucune mesure » pour répondre aux revendications des travailleurs et des lycéens. Elle a appelé à franchir « un nouveau cap » : « la grève doit prendre le relais » à partir du 5 novembre. La CFDT et la CGT ont déploré l’absence des organisations lycéennes, à l’origine du mouvement mi-septembre. Le Premier ministre promet des « premières annonces » pour les lycéens « début de semaine prochaine » et un point précis sur le budget, le pouvoir d’achat et les carburants. Il recevra jeudi les partis politiques sur les « difficultés rencontrées » le 17 octobre et la « sécurisation » de la campagne présidentielle. Il avait dénoncé mardi « la planification, en certains endroits, d’un schéma insurrectionnel » mené par des groupuscules d’extrême gauche.

Bilan et suites judiciaires

3.000 commerces ont été pillés et dégradés. Sur 557 gardes à vue à Paris, 300 personnes ont comparu devant un magistrat, indique la procureure de Paris Laure Beccuau. Un projet de loi « casseurs-payeurs », instaurant une responsabilité civile collective pour les dommages causés lors d’attroupements, a été adopté en commission au Sénat. Des couvre-feux localisés sont instaurés pour une deuxième nuit, notamment dans l’hyper-centre de Marseille et à Toulouse.

Les marchés

Le taux d’emprunt de la France est passé brièvement mercredi à plus de 5 % sur dix ans, du jamais-vu depuis 2002, les violences ayant renforcé les doutes des investisseurs sur sa capacité à redresser ses comptes.

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