Le Nigeria confirme son premier cas d’Ebola depuis 2014 à Abuja
Le Nigeria annonce un premier cas d’Ebola à Abuja, chez une femme arrivée d’Ouganda. Le Kenya compte désormais neuf cas.

Le gouvernement nigérian a annoncé mardi 20 octobre 2026 le premier cas d’Ebola sur son territoire, à Abuja, la capitale du pays le plus peuplé d’Afrique. À l’autre bout du continent, le Kenya vient de déclarer son neuvième cas.
Le cas nigérian
« La patiente, une femme récemment arrivée au Nigeria à bord d’un vol international en provenance d’Ouganda, a été admise dans un hôpital privé » d’Abuja, où elle a été prise en charge pendant plusieurs jours avant que le diagnostic soit confirmé, a indiqué dans un communiqué le ministre nigérian de la Santé, Muhammad Ali Pate. Le gouvernement a appelé tous les établissements de santé publics et privés à se mettre en état d’alerte maximale. 44 contacts étroits ont été identifiés à ce jour, et les équipes de santé publique cherchent à identifier et à surveiller les personnes exposées, notamment le personnel soignant, les patients, les aidants et les contacts du voyage. « Le Nigeria a réussi à endiguer Ebola en 2014, et nous disposons de l’expérience et des systèmes de santé publique nécessaires », a assuré le ministre, en appelant les Nigérians à rester calmes.
Le Kenya compte neuf cas
Le Kenya a annoncé mardi son neuvième cas. Il avait déclaré un premier cas le 6 octobre, au lendemain du décès à Nairobi d’un homme d’affaires ayant vécu en République démocratique du Congo. Huit autres cas ont été confirmés depuis, la plupart chez des personnes en contact étroit avec la première victime, âgée d’une quarantaine d’années. Les États-Unis ont recommandé mardi à leurs ressortissants de reconsidérer leurs déplacements dans ce pays. L’Ouganda, voisin de la RDC, avait enregistré vingt cas et deux décès avant de déclarer l’épidémie éradiquée fin août.
L’épidémie en RDC, la plus meurtrière de son histoire
La RDC est en proie depuis mai à la 17e épidémie d’Ebola de son histoire, devenue en quelques mois la plus meurtrière qu’elle ait connue. Elle dépasse 9.000 cas pour 4.381 décès, selon les autorités sanitaires congolaises. Elle est causée par le virus Bundibugyo, une souche rare contre laquelle il n’existe à ce jour ni vaccin ni traitement spécifique. Un essai clinique est en cours. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré le 17 mai une urgence de santé publique de portée internationale, son deuxième niveau d’alerte le plus élevé, tout en déconseillant la fermeture des frontières.
Le précédent de 2014 à Lagos
Ce n’est pas la première fois que le Nigeria est confronté à Ebola. En 2014, le premier cas signalé à Lagos, métropole de 20 millions d’habitants, avait fait retenir son souffle au monde entier. L’épidémie n’avait duré que 21 jours, avec sept morts sur 19 contaminés, grâce à une prise en charge rapide et à l’aide technique d’organisations internationales. L’OMS avait salué « le succès spectaculaire » face à ce qui aurait pu devenir « une épidémie urbaine apocalyptique ». La maladie avait fait plus de 11.000 morts en Afrique de l’Ouest entre fin 2013 et 2016. Avec 240 millions d’habitants et un climat chaud et humide, le Nigeria reste un terrain propice à la propagation des maladies.



