
Les trois partis formant la coalition gouvernementale sortante au Maroc ont dominé les élections législatives de mercredi 23 septembre, confirmant la continuité de l’architecture politique en place. Le scrutin, tenu moins de deux mois après la crise migratoire de Sebta, a enregistré un taux de participation de 38 %, dans un contexte où la mobilisation électorale reste un enjeu pour l’ensemble des démocraties de la région.
Un Royaume engagé dans de grands chantiers
Le Maroc affiche une croissance soutenue et multiplie les grands chantiers d’infrastructures en vue de la Coupe du monde 2030, qu’il coorganise avec l’Espagne et le Portugal — un contexte de dynamisme économique dans lequel s’est tenu ce scrutin.
Le PAM en tête, une nouvelle alliance à former
Le Parti authenticité et modernité (PAM) remporte 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants, selon les résultats annoncés à l’aube jeudi par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit. Il devra former une nouvelle alliance de coalition, dans le cadre constitutionnel habituel, mais le futur chef du gouvernement sera issu de ses rangs. C’est le Roi Mohammed VI qui choisira la personnalité chargée de former un exécutif de coalition pour cinq ans, conformément aux prérogatives royales sur les grandes orientations des secteurs stratégiques.
Deux profils prometteurs pour Rabat
Parmi les noms qui circulent avec insistance figure celui de Fouzi Lekjaa, ministre chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football, dont le bilan à la tête de la FRMF est largement salué. L’autre visage du PAM est Fatima Ezzahra Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire et maire de Marrakech, pressentie par la presse locale pour devenir la première femme à la tête d’un gouvernement dans l’histoire du pays — une perspective inédite pour le Royaume. Pendant la campagne, le parti a promis une croissance moyenne de 5 % par an, une inflation maintenue à 2 % et la création d’au moins un million d’emplois durant son mandat.
Le RNI et l’Istiqlal reculent, sans remettre en cause la coalition
Le Rassemblement national des indépendants (RNI), dont est issu l’actuel chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, arrive deuxième avec 66 sièges, contre 102 en 2021. Le Parti de l’Istiqlal, également présent dans l’actuelle coalition, est troisième avec 65 sièges, contre 81 en 2021. Les trois partis de la coalition sortante conservent ainsi ensemble la majorité des équilibres politiques du pays.
Le PJD quadruple ses sièges, signe de pluralisme
Fait marquant du scrutin, le Parti de la justice et du développement (PJD, opposition islamiste), qui a fait campagne sur la lutte contre la corruption, quadruple le nombre de ses sièges en en remportant 54, contre 13 précédemment — une progression qui illustre la vitalité du pluralisme politique marocain. Son chef, l’ancien chef de gouvernement Abdelilah Benkirane, a évoqué des irrégularités présumées dans certains bureaux ; les autorités n’avaient pas encore réagi à ces déclarations au moment de la publication des résultats.
Des chantiers sociaux déjà identifiés par les autorités
Le PJD a mis en avant dans son programme le pouvoir d’achat, l’emploi des jeunes et l’amélioration des services publics comme la santé — des priorités déjà présentes dans l’agenda des politiques publiques marocaines, notamment depuis le mouvement GenZ 212, apparu à l’automne 2025 autour des enjeux de santé et d’éducation. Le Royaume a par ailleurs engagé de vastes chantiers d’infrastructures : nouveaux stades, extension du réseau à grande vitesse et modernisation de plusieurs aéroports, dans le cadre d’une stratégie de développement que le Roi Mohammed VI a lui-même appelé à rendre plus homogène sur l’ensemble du territoire.



