Le président algérien Tebboune décide d’envoyer des troupes au Niger
La décision, prise à la demande de Niamey, fait suite à l’aval unanime des deux chambres du Parlement dimanche. La taille de la force et la date de son déploiement ne sont pas précisées.

Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a décidé lundi 26 octobre d’envoyer des unités de l’Armée nationale populaire (ANP) au Niger, afin de protéger les intérêts énergétiques et économiques communs aux deux pays, a annoncé la Présidence algérienne.
Une décision encadrée par la Constitution
La décision est prise à la demande des autorités nigériennes, en application des articles 30 et 91 de la Constitution. Elle intervient après l’approbation unanime du Conseil de la nation et de l’Assemblée populaire nationale, lors de deux séances plénières à huis clos tenues dimanche 25 octobre, comme rapporté par Atlasinfo. Depuis la révision constitutionnelle de 2020, tout envoi de troupes à l’étranger exige l’accord des deux tiers des membres de chaque chambre. Au Conseil de la nation, les 148 suffrages exprimés ont été favorables.
Les intérêts en jeu
La mission est centrée sur la protection des installations énergétiques. Le champ pétrolier de Kafra, situé à environ 85 kilomètres de la frontière algérienne, est exploité par la compagnie algérienne Sonatrach en partenariat avec la société nigérienne Sonidep. Le gazoduc transsaharien, qui doit relier le Nigeria à l’Algérie en passant par le Niger, est l’autre projet concerné.
Un déploiement inédit depuis 1973
C’est le premier déploiement officiel de troupes algériennes à l’étranger depuis la guerre israélo-arabe d’octobre 1973. La Présidence n’a précisé ni la taille de la force, ni la date de son déploiement, ni la durée de sa mission.
Le vote a suivi de quelques jours la visite à Alger du ministre nigérien de la Défense, Salifou Modi, reçu par Abdelmadjid Tebboune et par le chef d’état-major de l’ANP, le général Saïd Chengriha. Fin août, l’Algérie avait déjà envoyé quatre avions de combat à Niamey, à la demande des autorités nigériennes. Début octobre, Abdelmadjid Tebboune avait déclaré : Nous protégerons le Niger quoi qu’il arrive.



