Erdogan en Arabie saoudite pour la signature d’un pacte de défense trilatéral avec Riyad et Islamabad

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est rendu vendredi en Arabie saoudite pour rencontrer le prince héritier Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, à l’occasion de la signature d’un pacte de défense trilatéral entre les trois pays.

Une visite d’un jour à Jeddah
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a effectué vendredi 7 août une visite de travail d’un jour en Arabie saoudite, où il devait rencontrer le prince héritier et Premier ministre saoudien Mohammed ben Salmane, ainsi que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, selon un communiqué de la présidence turque. Le chef d’état-major pakistanais, le maréchal Asim Munir, se trouvait également au Royaume pour ces discussions, dans le cadre d’une visite pakistanaise débutée jeudi et devant se prolonger jusqu’à samedi.

Un pacte de défense trilatéral
Selon plusieurs sources proches du dossier citées par l’AFP et Reuters, l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan devaient signer vendredi à Jeddah un accord de défense commun. Ce texte s’appuie sur l’accord de défense mutuelle stratégique conclu entre Riyad et Islamabad en septembre 2025, qui stipule qu’une agression contre l’un des deux pays serait considérée comme une agression contre les deux. Selon des sources turques, le nouvel accord doit établir un cadre structuré couvrant les exercices militaires conjoints, les transferts de technologie, la production de l’industrie de défense et le partage de renseignement. « Cet accord vise à garantir la sécurité des territoires des trois pays et à dissuader les menaces ; il s’agit exclusivement, dans son fondement, d’un accord de défense », a précisé une source turque citée par la presse locale.

Une alliance négociée depuis plusieurs mois
Selon des sources proches du gouvernement et de l’armée saoudienne, cet accord était en discussion depuis un certain temps, mais les récents développements régionaux en ont accéléré la conclusion. Il associe trois pays aux atouts complémentaires : l’Arabie saoudite, seule économie arabe du G20 et abritant les villes saintes de La Mecque et de Médine ; le Pakistan, seul État du monde musulman à disposer de l’arme nucléaire ; et la Turquie, dont l’armée constitue la deuxième force de l’Otan.

Un contexte de tensions régionales
Cette signature intervient dans un contexte de vives tensions dans le Golfe, liées à la guerre entre les États-Unis et l’Iran et à ses répercussions sur le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et en mer Rouge. Selon des sources à Ankara citées par Middle East Eye, « cet accord va changer l’équilibre des forces dans la région ».

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