En France, le PIB recule de 0,1 % au troisième trimestre
En France, le produit intérieur brut a reculé de 0,1 % au troisième trimestre, après un recul au premier et une stagnation au deuxième, selon l’Insee. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, reconnaît que « l’économie française est à l’arrêt ».

En France, le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,1 % au troisième trimestre, a annoncé vendredi 30 octobre l’Insee, l’institut national de la statistique. Il avait déjà baissé de 0,2 % au premier trimestre, puis stagné au deuxième. Attendu à +0,1 %, le troisième trimestre déçoit de nouveau. « Ça fait trois trimestres que la croissance n’est pas au rendez-vous », a constaté le ministre de l’Économie, Roland Lescure, sur France Info : « l’économie française est à l’arrêt ». Il attribue ces résultats à la baisse de la production agricole due à la canicule et à celle de la production d’énergie.
La récession technique évitée de justesse
La stagnation du deuxième trimestre ne permet pas d’évoquer une récession, qui implique deux reculs trimestriels consécutifs. « La récession technique est évitée de justesse », observe l’économiste Lucile Bembaron, du cabinet Asterès. Philippe Crevel, du Cercle de l’Épargne, évoque « une réelle stagnation ». Le comité de datation des cycles de l’économie française, composé d’économistes, invite lui aussi à éviter le terme pour l’instant, tout en soulignant une activité « particulièrement peu dynamique ».
Un contraste avec l’Allemagne et l’Espagne
Le PIB a progressé de 0,2 % au troisième trimestre en Allemagne et de 0,6 % en Espagne. En France, le recul s’explique par une forte contraction des exportations : le commerce extérieur retranche 0,6 point à la croissance. Une légère amélioration de la demande intérieure et une contribution positive des stocks limitent le repli.
Des objectifs de croissance difficiles à atteindre
L’« acquis de croissance » à fin septembre, c’est-à-dire la croissance annuelle si le PIB restait stable au quatrième trimestre, est de 0,2 %. Il faudrait 0,9 % de croissance au dernier trimestre pour atteindre les 0,5 % de la prévision du gouvernement, et 0,5 % pour atteindre les 0,4 % de la prévision de l’Insee et de la Banque de France, a indiqué la cheffe du département des comptes nationaux de l’Insee, Marie Leclair. Or le quatrième trimestre démarre sur des bases fragiles : la confiance des ménages est tombée en octobre à son plus bas niveau depuis treize ans, et les perspectives d’activité des entreprises à douze mois sont au plus bas depuis six ans et demi, selon l’enquête PMI de S&P Global.
Inflation, budget et politique
L’inflation atteint 3,4 % sur un an en octobre, son plus haut niveau depuis janvier 2024, en raison de la guerre au Moyen-Orient. À six mois de l’élection présidentielle, la France traverse un marasme politique, alimenté par la crainte de nouvelles violences et de pillages de magasins dans les prochains jours. Le ministre Roland Lescure estime que « la France ne va pas à la crise », mais prévient que, sans le redressement budgétaire prévu dans le budget, « on ira dans le mur ». Le gouvernement mise sur 1 % de croissance l’an prochain, alors que l’économiste Maxime Darmet, d’Allianz Trade, ne la voit pas dépasser 0,5 %. Le gouvernement veut maintenir le déficit public à 5 % du PIB en 2027, mais il « ne se réduira pas » par rapport aux 5,4 % attendus cette année, selon lui. Les taux d’intérêt sur la dette française sont au plus haut depuis vingt ans. L’économiste Sylvain Bersinger redoute que « la crise de la dette » s’aggrave et plonge le pays dans une crise économique et politique bien plus grave.




