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Au Maroc, Essaouira ouvre la 21e édition du Festival des Andalousies Atlantiques

La 21e édition du festival a ouvert jeudi soir à Essaouira, au Maroc, autour du thème « Alif x Alef ». Quinze rendez-vous musicaux réunissent jusqu’au 31 octobre les traditions arabes et hébraïques.

Au Maroc, la ville d’Essaouira, sur la côte atlantique, a lancé jeudi soir la 21e édition du Festival des Andalousies Atlantiques, un rendez-vous musical créé en 2003 à l’initiative d’André Azoulay, conseiller du Roi Mohammed VI et président-fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, qui l’organise avec des partenaires marocains et étrangers. Le festival réunit des artistes de plusieurs nationalités et confessions autour de la musique andalouse, dans l’esprit de la « Cité des Alizés », dont les maîtres mots sont l’ouverture, la tolérance et le vivre-ensemble.

Une cérémonie d’ouverture sous le signe du dialogue

La cérémonie s’est déroulée en présence d’André Azoulay, du gouverneur de la province d’Essaouira, Mohammed Rachid, et de personnalités marocaines et étrangères des milieux diplomatique, culturel et artistique. André Azoulay a mis en avant le modèle marocain de dialogue entre les cultures, les religions et les sensibilités : « le Maroc fait ici ce soir ce que le monde ne sait plus faire », a-t-il déclaré, dans un contexte international marqué selon lui par le retour de replis que l’on croyait révolus. Musulmans, juifs, chrétiens et autres sont à Essaouira « pour le bonheur d’être ensemble », a-t-il ajouté, en présentant ces diversités comme « notre façon d’être ».

Un concert d’ouverture autour du Matrouz

Sur la scène principale du Grand Chapiteau, installé place Bab El Menzeh, le concert d’ouverture a réuni Moshé Louk, neveu de Rabbi Haïm Louk, grande figure de la musique judéo-marocaine, et Marouane Hajji, l’une des grandes voix de la musique arabo-andalouse marocaine. Ils ont interprété des œuvres du répertoire judéo-marocain autour du Matrouz, expression musicale du dialogue entre traditions juives et arabes, et rendu hommage à Rabbi Haïm Louk et à Abderrahim Souiri, deux voix emblématiques du festival. La chanteuse Nouhaila El Kalai, originaire de Fès et qui a fait ses premiers pas sur cette scène à 13 ans, a ensuite chanté des qasidas, notamment en duo avec Marouane Hajji, également ancien jeune talent du festival. Ils étaient accompagnés par l’Orchestre andalou, dirigé par Elad Levi, et par des musiciens marocains dirigés par Anass Belhachemi.

À Dar Souiri, l’espace socioculturel de l’Association, le HaPiyut Ensemble, qui réunit 18 artistes de trois générations, a présenté le piyout, art de la poésie chantée ancré dans le patrimoine musical juif marocain.

« Alif x Alef », le thème de l’édition

Placée sous le thème « Alif x Alef : deux lettres, une même histoire », en référence aux premières lettres des alphabets arabe et hébreu, cette édition propose 15 rendez-vous musicaux jusqu’au 31 octobre. Le directeur artistique, Abdessalam Khaloufi, a souligné que ce programme s’inscrit dans la continuité d’un événement qui promeut la coexistence et révèle de jeunes talents. Cette édition fait dialoguer musique arabo-andalouse, répertoire judéo-marocain, piyout et rythmes gnaoua. La soirée de clôture, samedi 31 octobre, réunira le HaPiyut Ensemble et la maâlma Hind Ennaira, une rencontre que André Azoulay souhaitait de longue date. La danseuse et chorégraphe espagnole Olga Pericet participe pour la première fois, tout comme Moshé Louk.

Un forum à Bayt Dakira

Le Forum des Andalousies, prévu vendredi et samedi à Bayt Dakira, prolonge la réflexion sur le thème « L’importance du lieu, l’importance du lien », autour du rôle des espaces de mémoire et de rencontre dans la transmission du patrimoine et la consolidation du vivre-ensemble.

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