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Emmanuel Macron reçoit Javier Milei jeudi pour un entretien tendu sur l’UE, l’ONU et les Malouines

Emmanuel Macron reçoit jeudi à Paris le président argentin Javier Milei pour un entretien bilatéral abordant l'Union européenne, l'ONU, les Malouines et les métaux critiques, sur fond de divergences politiques mais de convergences économiques.

Des « inspirations politiques différentes »

Le président français, Emmanuel Macron, reçoit jeudi son homologue argentin, Javier Milei, pour un entretien bilatéral suivi d’un échange avec des acteurs économiques des deux pays. L’Élysée reconnaît mercredi: « Nous avons des inspirations politiques différentes, pour dire le moins avec le président Milei. » À la veille de sa visite, le président argentin a renouvelé ses critiques contre une Europe « en train de couler », dotée selon lui d’un « État-providence pervers » et d’un « problème migratoire terrible. » La présidence française répond que Macron rappellera à son homologue que l’Union européenne « est une institution importante dont nous souhaitons qu’elle joue tout son rôle sur la scène internationale. »

Des convergences possibles à l’ONU

Javier Milei s’est également livré à une charge contre l’ONU depuis la tribune de l’organisation, la qualifiant d’« inutile » et au service d’une « caste de parasites », quand Emmanuel Macron concluait son propre discours par un « Vive les Nations unies. » Un conseiller de la présidence française relève toutefois un point de convergence: le soutien de Buenos Aires à la candidature de l’Argentin Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à la succession d’Antonio Guterres au poste de secrétaire général de l’ONU. « Le président argentin fait activement la promotion de la candidature d’un diplomate argentin de grand talent. Il y a quand même des zones de convergence sur lesquelles nous pouvons atterrir », indique ce conseiller.

Appel au calme sur les Malouines

Sur l’archipel des Malouines, dont la souveraineté oppose Buenos Aires et Londres, l’Élysée appelle au « calme et à la sérénité », ainsi qu’au « respect par l’Argentine des usages et procédures internationales concernant la résolution des différends territoriaux », devant la Cour internationale de justice. Javier Milei, qui dit bénéficier du soutien du président américain Donald Trump, a évoqué début septembre des « vents favorables » à la revendication argentine sur l’archipel et annoncé des sanctions renforcées contre tout projet pétrolier britannique dans la zone. Cet archipel, situé à 600 kilomètres de la côte patagonienne, avait été le théâtre d’une guerre entre l’Argentine et le Royaume-Uni en 1982, qui avait fait 649 morts argentins et 255 morts britanniques en 74 jours. Les États-Unis, comme la plupart des pays occidentaux, reconnaissent l’administration de facto britannique des îles sans se prononcer sur la souveraineté.

Lithium, cuivre et accord Mercosur

L’Élysée souligne l’importance économique et stratégique de l’Argentine, « notamment le lithium, le cuivre », la France étant le 7e investisseur dans le pays, 5e hors juridictions de transit comme les Pays-Bas. Sur l’accord de libre-échange avec le Mercosur, qui avait suscité une forte opposition des agriculteurs français, la présidence française assure: « Nous sommes confiants que le bilan in fine respectera notre intérêt et serons très vigilants sur ce point. » Javier Milei, élu en 2023 sur un programme de réduction drastique de la dépense publique, est en France depuis mercredi à la recherche d’investissements, accompagné d’une délégation d’une demi-douzaine de ministres, d’une dizaine de gouverneurs de provinces minières et de chefs de grandes entreprises, à un an de la présidentielle argentine.

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