L’UE anticipe un hiver difficile sur le front des prix de l’énergie
Le commissaire européen à l'Énergie a averti d'un hiver difficile marqué par une forte hausse des prix du pétrole et du gaz, et propose de reporter d'un an certaines règles environnementales pour détendre le marché.

L’Union européenne s’attend à une forte hausse des prix du pétrole et du gaz cet hiver sur fond de crise au Moyen-Orient, a déclaré mardi 29 septembre le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen. « Il ne fait aucun doute que nous nous dirigeons vers un hiver difficile », a-t-il affirmé à Dublin, lors d’une réunion informelle des ministres européens de l’Énergie, en référence aux conséquences de la crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient et à l’incertitude entourant la situation dans le détroit d’Ormuz.
100 milliards d’euros dépensés sans une molécule supplémentaire
Le commissaire a souligné que les pays européens ont désormais payé 100 milliards d’euros de plus cette année pour leur énergie, sans recevoir une seule molécule de gaz ou de pétrole supplémentaire, en raison de la hausse des prix internationaux liée aux guerres en Ukraine et au Moyen-Orient. Il a estimé que ce chiffre illustre à quel point la dépendance de l’Europe à des sources d’énergie extérieures est devenue intenable.
Près de 50 millions de personnes mal chauffées
« Lors d’un hiver normal, près de 50 millions de personnes en Europe ne sont pas en mesure de chauffer correctement leur logement. Cet hiver pourrait être pire encore », a-t-il averti, soulignant également la pression exercée sur l’industrie européenne.
Un report des règles sur le méthane proposé par Bruxelles
Face à ces perspectives, la Commission européenne entend prendre des mesures pour « détendre le marché », notamment en assouplissant temporairement certaines règles environnementales applicables au secteur des hydrocarbures. Dan Jørgensen a ainsi proposé de reporter d’un an, de 2027 à 2028, l’entrée en vigueur de certaines obligations prévues par le règlement européen sur les émissions de méthane liées aux importations d’hydrocarbures, référencé sous le numéro (UE) 2024/1787. Cette proposition, qui doit encore être soumise aux États membres et au Parlement européen, répond notamment à une demande récente du président français Emmanuel Macron. Le texte impose aux entreprises important des hydrocarbures dans l’UE de surveiller et de déclarer les émissions de méthane, un puissant gaz à effet de serre.
Un cap maintenu sur l’électrification à plus long terme
Pour Bruxelles, l’enjeu immédiat reste toutefois de limiter les effets de la crise énergétique sur les ménages et l’industrie, alors que l’Europe se prépare à un hiver marqué par des prix potentiellement très élevés. Dan Jørgensen a par ailleurs réaffirmé, au-delà de ces mesures d’urgence, la nécessité d’un basculement durable vers les énergies renouvelables locales et l’électrification, dans le prolongement du plan d’action pour l’électrification qu’il avait présenté plus tôt cette année.



