
Pour le troisième samedi consécutif, des centaines de milliers de personnes ont manifesté en France contre la vie chère. Cette troisième journée de mobilisation, baptisée « acte III », s’est déroulée dans plusieurs villes, où des incidents ont éclaté en fin de journée, notamment à Paris où la fin du cortège a été marquée par des jets de projectiles contre les forces de l’ordre, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes.
À l’occasion d’Halloween, les costumes de Spiderman, Frankenstein ou du Joker côtoyaient les bannières syndicales et celles de La France insoumise, ainsi que des drapeaux français et palestiniens.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a salué la solidité du dispositif de sécurité, estimant que les forces de l’ordre avaient « protégé les centres-villes ». Il a toutefois fait état d’« énormément de tensions » et d’une « violence inouïe ».
À Paris, un gendarme mobile a été légèrement blessé après qu’un cocktail Molotov a été lancé dans sa direction. Laurent Nuñez a dénoncé une « tentative de meurtre » contre les forces de l’ordre. Au total, cinq membres des forces de l’ordre ont été blessés dans la capitale, dont trois par des jets de cocktails Molotov.
Les autorités avaient mobilisé 70 000 membres des forces de l’ordre, après des appels à la « révolution » et à l’« insurrection » diffusés sur les réseaux sociaux. Elles souhaitaient éviter une répétition des violences et des pillages survenus le 17 octobre. Comme la semaine précédente, les cortèges avaient été interdits dans les centres-villes.
Selon les autorités, 320 000 personnes ont manifesté dans le pays, dont 70 000 à Paris. L’intersyndicale de la jeunesse avance, elle, le chiffre de près d’un demi-million de participants, dont 200 000 dans la capitale.
La semaine dernière, les autorités avaient comptabilisé 410 000 manifestants, contre 800 000 selon les organisateurs.
À Paris,
Des revendications élargies
Née dans les lycées à la mi-septembre, la mobilisation réclame davantage de moyens pour l’éducation et dénonce la hausse du coût de la vie. Elle s’est également élargie à la lutte contre le racisme, après l’attentat qui a fait un mort et sept blessés en région parisienne, le 23 octobre. Le suspect, âgé de 39 ans, a reconnu avoir « spécifiquement ciblé des personnes […] de type musulman ou africain ou nord-africain ».
L’attaque a ravivé les tensions à six mois de l’élection présidentielle, pour laquelle Marine Le Pen est donnée favorite par les sondages. Partout en France, des manifestants ont aussi dénoncé l’interdiction des cortèges dans les centres-villes.
Depuis la mi-septembre, plusieurs manifestants, dont des mineurs, ont été grièvement blessés ou mutilés lors d’opérations de maintien de l’ordre. Laurent Nuñez a, de son côté, indiqué que 1 193 policiers et gendarmes avaient été blessés.
La mobilisation appelée à se poursuivre
Plusieurs organisations ont appelé à poursuivre le mouvement, notamment en bloquant des lycées et des universités mardi et jeudi. Une journée de grève, à l’appel des syndicats, est également prévue jeudi prochain. La coordination des Gilets jaunes appelle, pour sa part, à un « six-seven populaire » les 6 et 7 novembre.
Partie des lycées à la mi-septembre, la contestation s’est également étendue à d’autres pays européens. En Allemagne, des dizaines de milliers de jeunes ont manifesté samedi dans plusieurs grandes villes pour réclamer notamment davantage de moyens pour l’éducation. Des affrontements ont été signalés, notamment à Francfort, où des commerces ont été vandalisés.
En Italie, des centaines de milliers d’étudiants et de travailleurs ont manifesté vendredi pour demander un financement accru des écoles et des mesures contre la hausse du coût de la vie.




