
L’ancienne ministre française de l’écologie, Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste pour l’élection présidentielle de 2027, a suscité des remous lors de son intervention sur France Inter, le 5 octobre. En refusant de qualifier le régime algérien d’autoritaire, elle a relancé les accusations sur une « influence algérienne ».
« Ce n’est pas de mon ressort de qualifier politiquement un pays », s’est défendue Mme Royal face aux questions de Benjamin Duhamel. « Vous ne pouvez pas dire que c’est un régime autoritaire? » la relance le journaliste. « Non je ne peux pas le dire, c’est au peuple algérien de se définir », répond la candidate à la primaire socialiste avant d’embrayer: « et la France, c’est quoi la France? Ce n’est pas un régime autoritaire de mettre des menottes à des gamins de quatorze ans ? », allusion aux récents affrontements entre lycéens et forces de l’ordre en France.
Ségolène Royal est restée sur sa position, arguant que « la France a aussi ses problèmes », en citant la détention d’un agent consulaire algérien par des autorités françaises, lequel a été mis en examen dans le cadre d’une tentiave d’enlèvement d’un opposant au régime d’Alger.
« Si l’Algérie était ce que vous dites, le pape serait-il allé en Algérie ? », a lancé la candidate à la présendielle.
Depuis l’annonce de sa candidature en juillet, l’opinion publique s’interroge sur sa proximité avec le régime algérien. L’ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, avait d’ailleurs prévenu que « l’Algérie s’apprête à soutenir un candidat » et à « manipuler » les électeurs franco-algériens.
Mme Royal, présidente de l’Association France-Algérie (AFA), s’emploie à contrer ces accusations en affirmant qu’elle refuse de laisser l’hostilité envers Alger alimenter les débats électoraux.
Elle a récemment effectué deux visites en Algérie, où elle a rencontré le président Abdelmadjid Tebboune. Lors de ces rencontres, elle a discuté de questions sensibles telles que la restitution de biens culturels, l’accès aux archives des essais nucléaires et les extraditions. Elle a critiqué l’aveuglement de son pays face à des enjeux cruciaux, soulignant que « des années d’inefficacité ont coûté cher ».
Par ailleurs, elle a plaidé pour un rétablissement des relations diplomatiques pour garantir à la France un approvisionnement en gaz algérien. « Les pays européens signent des accords avec l’Algérie sur l’hydrogène vert ; la France doit renouer le dialogue avec ses voisins », a-t-elle insisté, déplorant que la politique diplomatique française ait été « calamiteuse » ces dernières années.
Les relations entre Paris et Alger, déjà tendues depuis la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara, se sont dégradées encore plus à la suite de diverses incidents, dont l’expulsion d’agents de l’ambassade française et l’arrestation de Boualem Sansal, récemment gracié par le président Tebboune. Ce contexte complexe ajoute à la délicatesse de la position de Royal, dont la défense du régime algérien continuera probablement à alimenter les débats dans les mois à venir.
Les relations entre les deux capitales s’étaient dégradées à partir de l’été 2024. L’arrestation de Boualem Sansal, gracié depuis par le président Tebboune, la condamnation d’un journaliste français sportif Christophe Gleizes, condamné par Alger à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », la mise en examen à Paris, en avril 2025 d’un agent consulaire algérien soupçonné d’avoir participé à l’enlèvement d’un influenceur opposant au régime, et l’expulsion par Alger de douze agents de l’ambassade de France avaient aggravé la crise.
Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, s’était rendu à Alger le 16 février, première visite d’un titulaire de ce portefeuille depuis 2022.
« Je ne peux pas dire » que l’Algérie est un régime autoritaire, « ce n’est pas mon rôle », affirme Ségolène Royal. La candidate à la primaire socialiste était au micro de @Ben_Duhamel dans « La Grande matinale » du lundi 5 octobre. https://t.co/ua2PgRFQIX
— France Inter (@franceinter) October 5, 2026




