En directInternationalSociete

La Norvège veut interdire temporairement les lunettes connectées dans certains lieux publics

Oslo invoque les atteintes à la vie privée et les prises d'images à l'insu des passants, alors que Paris enquête déjà sur des femmes filmées avec des lunettes Meta.

Le gouvernement norvégien a annoncé lundi 5 octobre vouloir interdire temporairement l’utilisation de lunettes connectées dans certains lieux publics. Il invoque les risques d’atteinte à la vie privée, notamment la prise d’images à l’insu des personnes filmées.

Des lieux publics ciblés, pas d’interdiction générale

Le gouvernement cite parmi les lieux concernés les parcs, plages, musées, centres commerciaux, écoles, crèches, établissements de santé, salles de sport et événements publics. Il précise qu’il ne prévoit pas d’interdiction générale de ces lunettes. Il n’a pas encore défini les appareils visés : lunettes enregistrant images et sons, lunettes dotées d’une caméra et de fonctions d’intelligence artificielle, ou autres dispositifs portables.

Le ministre de la Numérisation et de la Gouvernance publique, Torgeir Micaelsen, a déclaré : « Nous ne voulons pas d’une société où les gens s’inquiètent d’être enregistrés à leur insu », photographiés ou filmés dans des lieux où ils ont l’habitude de ne pas être surveillés.

Un projet de loi à faire adopter

Le gouvernement travailliste du Premier ministre Jonas Gahr Støre est minoritaire au Parlement. Il a besoin du soutien d’autres partis pour faire adopter l’interdiction. Il prévoit de soumettre un projet de loi « aussi rapidement que possible » et charge parallèlement un groupe d’experts de réfléchir à une réglementation permanente. Fin août, Oslo avait déjà annoncé vouloir durcir les règles, notamment en interdisant des fonctions comme la reconnaissance faciale d’autres personnes dans l’espace public.

Une inquiétude croissante en Europe

Les lunettes connectées, notamment celles commercialisées par Meta sous des marques très populaires comme Ray-Ban et Oakley, suscitent une inquiétude croissante en Europe.

En France, l’association e-Enfance a alerté le 8 septembre sur une vingtaine de signalements de femmes filmées sans leur consentement, le plus souvent avec des lunettes Meta. Certaines vidéos ont ensuite été diffusées sur les réseaux sociaux et ont donné lieu à des moqueries ou à des messages haineux. Le parquet de Paris a ouvert plusieurs enquêtes après des plaintes pour « atteintes à l’intimité de la vie privée » liées à l’usage de lunettes connectées. Aux Pays-Bas, l’Autorité de protection des données a rappelé le 22 septembre que filmer ou photographier d’autres personnes avec ces lunettes ne permet ni de partager ni de publier ces images sans autorisation.

Meta affirme que ses lunettes sont équipées d’une LED qui clignote lorsqu’une photo ou une vidéo est prise, et qui ne peut pas être désactivée sans rendre la caméra inutilisable. Des associations contestent l’efficacité de ce dispositif.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page