Donald Trump signe à New York un accord de sécurité scellant l’avenir du Groenland dans le giron américain
Réunis à New York, les dirigeants américain, danois et groenlandais ont signé un texte censé mettre fin aux menaces répétées de Washington sur l'île arctique.

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Le président américain Donald Trump a signé mardi 22 septembre, au siège de l’ONU à New York, un accord de sécurité scellant l’avenir du Groenland, territoire autonome danois, dans le giron des États-Unis. « C’est formidable pour l’Europe et pour les États-Unis, pour tout le monde, et pour le Groenland », a-t-il déclaré, ajoutant que l’accord serait « bon pour l’OTAN ». La cérémonie de signature s’est tenue en présence de la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, et du chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, peu après le discours de Donald Trump devant l’Assemblée générale des Nations unies.
Deux nouvelles bases militaires
Le président américain a annoncé à la tribune de l’ONU la construction de deux « très grandes bases militaires » au Groenland, situées à Narsarsuaq et à Mestersvig, selon l’article 4 du texte rendu public mardi. Les États-Unis, liés au Groenland par un accord de défense depuis 1951, disposent déjà de la base de Pituffik, dans le nord du territoire, qu’ils pourront moderniser à leur guise selon l’accord. Il n’a pas été précisé si ce nouveau texte modifie l’accord de 1951, mis à jour en 2004, ou s’il constitue un cadre juridique distinct.
Des garanties pour Copenhague et Nuuk
Le Danemark a salué un accord qui « reconnaît » la souveraineté et l’intégrité territoriale du royaume, ainsi que le droit du peuple groenlandais à l’autodétermination. Le texte prévoit que sa validité ne sera pas remise en cause si le Groenland devient indépendant, à condition qu’il reste membre de l’OTAN. Son article 10 interdit par ailleurs à tout acteur hors Union européenne et OTAN d’exercer un contrôle dans des secteurs stratégiques, une référence implicite à la Chine et à la Russie. Des responsables américains ont précisé que le texte garantit qu’aucune base militaire chinoise ou russe ne pourra être installée au Groenland, ni aucun investissement sensible réalisé sans l’accord de Washington.
Une confiance à reconstruire
Jens-Frederik Nielsen a affirmé que le Groenland joue un rôle important pour la sécurité nord-américaine et transatlantique, déclarant que « cet accord démontre de quel côté se situe notre loyauté ». Il a toutefois reconnu que la confiance prendra du temps à se reconstruire, qualifiant l’accord de « pas dans la bonne direction » tout en soulignant qu’un processus de réconciliation restera nécessaire dans la population groenlandaise. Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a de son côté salué « une avancée positive ».
Sept mois de tensions entre alliés
L’accord intervient sept mois après que Donald Trump a menacé, pour la troisième fois, de s’emparer par la force du Groenland, provoquant une crise majeure entre alliés occidentaux et suscitant l’inquiétude des Européens et de l’OTAN. Le territoire arctique, situé sur l’itinéraire le plus court entre la Russie et les États-Unis, recèle des gisements inexploités de terres rares et pourrait gagner en importance stratégique à mesure que la fonte des glaces ouvre de nouvelles voies maritimes.



