Tel-Aviv rassemble des milliers de manifestants contre Netanyahou avant les législatives
Le Conseil d’Octobre réclame une commission d’enquête sur les failles du 7-Octobre, que le gouvernement refuse. Les derniers sondages publiés donnent 50 sièges au bloc de Netanyahou et 52 à celui d’Eisenkot, loin des 61 nécessaires.

Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi 24 octobre à Tel-Aviv contre le gouvernement israélien, à trois jours des législatives du 27 octobre. Ce scrutin, le premier depuis le 7 octobre 2023, est largement perçu comme un référendum pour ou contre le Premier ministre Benjamin Netanyahou. Le rassemblement se tient place des Otages.
Il est organisé par le Conseil d’Octobre, un groupe fondé par des familles de victimes et d’otages du 7-Octobre. Le groupe réclame une commission d’enquête sur les failles sécuritaires qui ont permis l’attaque du Hamas, la plus meurtrière de l’histoire du pays. Le gouvernement de Benjamin Netanyahou refuse jusqu’ici cette commission, pourtant réclamée par de nombreux Israéliens : 71 % des personnes interrogées en septembre par l’Institut israélien pour la démocratie la souhaitent. Les principales figures de l’opposition ont promis de la mettre en place en cas de victoire.
Une course serrée
Les derniers sondages autorisés à être publiés, vendredi soir, donnent 50 sièges au bloc de Benjamin Netanyahou et 52 au bloc d’opposition formé autour de Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major et chef du parti centriste Yashar. Aucun des deux n’approche des 61 sièges nécessaires à la Knesset pour gouverner.
Les organisateurs annoncent la venue de Gadi Eisenkot, critique acerbe de la conduite de la guerre à Gaza. Ils annoncent aussi celle du chef de l’opposition, Yaïr Lapid, de son allié Naftali Bennett, de l’ancien ministre de la Défense Avigdor Liberman et du chef des Démocrates, Yaïr Golan. Gadi Eisenkot, Naftali Bennett et Yaïr Lapid ont prévu un dernier événement de campagne dimanche. Benjamin Netanyahou n’a rien annoncé pour l’heure.
« Trois ans de combat »
Pour le Conseil d’Octobre, l’événement est le point culminant de trois ans de combat pour la vérité et pour demander des comptes, écrit-il sur les réseaux sociaux. Les organisateurs ont dit craindre des provocations de militants progouvernementaux et ont alerté les autorités.
Hadas Feuershtein, 68 ans, juge que ceux qui ont dirigé le pays ces quatre dernières années ont fait un travail lamentable. Naama Bitterman, 18 ans, vote pour la première fois. Elle espère la victoire d’un bloc anti-Netanyahou, qui améliorerait l’image d’Israël à l’international après trois ans de guerre à Gaza.
Une économie « alternative » face aux sanctions
Le 8 septembre, 12 pays dont le Royaume-Uni et la France ont annoncé des sanctions commerciales visant les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, illégales au regard du droit international. Benjamin Netanyahou a évoqué vendredi la possibilité pour Israël de développer une économie alternative afin de contourner des sanctions internationales, notamment bancaires. Il dit avoir demandé qu’un plan soit préparé sur la blockchain.
Ses adversaires ont ironisé samedi. Gadi Eisenkot a écrit, en référence au surnom « Bibi » du Premier ministre : « On doit s’assurer que bbcoin ne détruise pas Israël ».



