Premier voyage du TGV M ce vendredi entre Paris et Marseille
Plus spacieux, plus économe en énergie et doté d’aménagements repensés, le TGV M doit faire ses débuts commerciaux le vendredi 6 novembre. Après plusieurs reports, ce nouveau train de la SNCF entame son déploiement sur le réseau français.

Le TGV M arrive enfin sur les rails. Attendu initialement pour les Jeux olympiques de Paris 2024, puis annoncé pour 2025 et le début de l’année 2026, le train de nouvelle génération effectuera son premier trajet commercial ce vendredi 6 novembre, entre Paris et Marseille.
Pour cette première, des centaines de voyageurs doivent monter à bord. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, et le président-directeur général de la SNCF, Jean Castex, sont également annoncés parmi les passagers.
Cette mise en service marque le début d’un déploiement progressif, qui doit s’étaler sur dix ans.
La SNCF et Alstom avaient annoncé, le 29 mai, avoir obtenu l’autorisation européenne nécessaire à la mise sur le marché du train. Avant son lancement, le constructeur et l’entreprise ferroviaire évoquaient une montée en puissance progressive du parc : six rames attendues à la fin de l’été, puis treize à la fin de l’année. Des essais et derniers réglages en conditions réelles sur le réseau étaient encore nécessaires.
Jusqu’à 740 voyageurs par rame
Le TGV M se distingue d’abord par sa capacité. À deux niveaux, chaque rame pourra accueillir jusqu’à 740 voyageurs, soit environ 20 % de plus que les TGV actuels. La SNCF entend ainsi disposer d’un train capable de transporter davantage de passagers sans augmenter dans les mêmes proportions le nombre de circulations.
Les aménagements intérieurs ont eux aussi été revus. Le train prévoit des espaces davantage adaptés aux échanges, un bar au décor plus coloré et de plus grandes baies vitrées, afin d’offrir une meilleure vue sur le paysage. Ces choix visent à renouveler l’expérience à bord, tout en répondant aux besoins d’un nombre plus important de voyageurs.
Un train présenté comme plus économe
Le TGV M a également été conçu pour réduire sa consommation. Grâce notamment à une forme plus aérodynamique, avec un nez redessiné, la SNCF annonce une baisse de 20 % de la consommation d’énergie et de 32 % des émissions de CO₂, par rapport aux trains auxquels il succède.
Parmi les innovations figure aussi l’intégration de batteries développées par Saft. Selon les éléments communiqués, elles doivent permettre au train de disposer d’une alimentation de secours en cas de coupure électrique ou de rupture de la caténaire. Cette fonction prend un relief particulier après les difficultés rencontrées récemment par des voyageurs de deux TGV immobilisés sur la ligne Paris-Marseille, à la suite d’une coupure d’électricité et d’une interruption de la climatisation.
160 rames commandées à Alstom
Au total, SNCF Voyageurs a commandé 160 rames à Alstom. Une partie de cette commande, soit 30 trains, est destinée aux liaisons Eurostar sous la Manche. Les autres rames doivent être intégrées progressivement aux services de la SNCF, au fil de leur livraison et de leur mise en exploitation.
Le calendrier de déploiement s’étend sur une dizaine d’années : le lancement de ce vendredi ne signifie donc pas que l’ensemble du parc sera immédiatement remplacé. La SNCF mise sur une arrivée par étapes, tout en poursuivant les essais et les ajustements nécessaires.
Interrogé sur la fiabilité du nouveau matériel, Christophe Fanichet a voulu se montrer confiant : « Quant aux retards, plus personne n’en parlera dans quelques mois », a-t-il assuré. Reste à savoir si les performances annoncées et les premiers retours des voyageurs confirmeront les ambitions affichées pour ce train très attendu.



