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Netanyahou évoque les cryptomonnaies pour contourner d’éventuelles sanctions bancaires contre Israël

Le Premier ministre israélien a répondu Très juste à la question sur la crypto. Le chef de l’opposition Yaïr Lapid et la Banque d’Israël ont réagi.

Interrogé vendredi 23 octobre lors d’une interview télévisée, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a déclaré que l’État hébreu devait se préparer à contourner d’éventuelles sanctions bancaires. Il s’exprimait quatre jours avant les élections législatives du 27 octobre, pour lesquelles il affronte une forte concurrence de l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne Gadi Eisenkot, président du parti Yashar.

Un système économique alternatif

Benjamin Netanyahou a appelé à préparer un système économique alternatif et à recourir aux monnaies capables de contourner ces sanctions. Lorsqu’on lui a demandé s’il parlait de cryptomonnaies, il a répondu : Très juste. Il a ajouté travailler lui-même sur le sujet et avoir demandé à ses collaborateurs d’élaborer un plan fondé sur la blockchain. Il n’a précisé ni les cryptomonnaies envisagées, ni les responsables du projet, ni le calendrier.

Les réactions de l’opposition

Le chef de l’opposition israélienne, Yaïr Lapid, a écrit sur X qu’une telle proposition relève de pays comme l’Iran, la Russie et le Venezuela, dont les banques sont coupées du monde. L’ancien ministre israélien des Finances Avigdor Liberman, chef du parti Israel Beytenou, a estimé que Benjamin Netanyahou reconnaît enfin le danger d’un isolement diplomatique et de sanctions économiques. Il s’est engagé, en cas d’arrivée de l’opposition au pouvoir, à sortir Israël de cet isolement.

Gadi Eisenkot a demandé comment Google peut acquérir une société israélienne si la condition est de contourner les banques internationales et de payer en cryptomonnaie.

La Banque d’Israël désapprouve

La Banque d’Israël a réagi samedi 24 octobre. Elle a souligné que les cryptomonnaies ne peuvent constituer un mécanisme pour échapper à d’éventuelles sanctions et qu’il faut préserver les liens d’Israël avec ses principaux partenaires commerciaux. Plusieurs spécialistes rappellent que la blockchain ne suffit pas, à elle seule, à contourner des sanctions internationales. Des économistes et des dirigeants bancaires avertissent qu’en cas de sanctions occidentales visant Bank Hapoalim et Bank Leumi, ces établissements risquent l’exclusion du réseau SWIFT et des circuits de compensation en dollars.

Les mesures de 12 pays contre les colonies

Le 8 septembre, le Royaume-Uni a annoncé des sanctions contre les individus et les entités impliqués dans la construction de colonies en Cisjordanie, ainsi qu’une interdiction d’importer les produits des colonies. Onze autres pays, dont la France, le Canada, le Danemark, la Finlande, l’Islande, l’Irlande, la Norvège, la Pologne, le Portugal, l’Espagne et la Suède, ont annoncé leur intention d’introduire des restrictions nationales sur le commerce des biens issus des colonies ou de soutenir des restrictions européennes. Le gouvernement israélien a répondu en annonçant la fermeture du consulat britannique à Jérusalem-Est. Des responsables américains ont indiqué que l’administration ne s’opposait pas à l’initiative britannique.

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