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Infantino affirme avoir le soutien de la grande majorité pour la présidence de la FIFA

La CAF, qui pèse 54 voix, a réitéré son soutien unanime le 8 octobre, puis l’AFC (47 voix) l’a rejoint le 23 octobre. Avec la CONMEBOL (10 voix), le total annoncé atteint 111 voix, au-dessus de la majorité simple de 106.

Le président de la Fifa, Gianni Infantino, a assuré samedi 24 octobre sur la BBC avoir le soutien d’une large part des associations membres dans la course à sa réélection. Cette déclaration intervient au lendemain du revirement de la Confédération asiatique de football (AFC), qui a apporté son soutien à l’Italo-Suisse de 56 ans pour un quatrième mandat. Elle fait suite à celui de la Confédération africaine (CAF), exprimé à plusieurs reprises depuis avril.

L’Afrique, premier bloc derrière Infantino

La CAF, qui compte 54 des 211 associations membres de la Fifa, avait formalisé son soutien le 29 avril à Vancouver, à la veille du Congrès de la Fifa. Son comité exécutif l’a réaffirmé à l’unanimité le 6 août. Le 8 octobre, à l’issue de la conférence stratégique de la CAF à Santa Maria, au Cap-Vert, son président Patrice Motsepe a annoncé le soutien « inconditionnel » des 54 fédérations à Infantino pour le mandat 2027-2031. Il l’a justifié par l’appui que le président de la Fifa a apporté au football africain depuis son élection en 2016. Infantino a promis de poursuivre les investissements de la Fifa sur le continent.

L’Asie se rallie à Tokyo

Vendredi 23 octobre, le président de l’AFC, le cheikh Salman bin Ibrahim Al-Khalifa, a annoncé ce soutien dans son discours d’ouverture au congrès extraordinaire de l’AFC à Tokyo. Il a assuré à Infantino que la grande majorité des fédérations asiatiques le soutenaient. L’Arabie saoudite et le Qatar, membres de l’AFC, avaient déjà annoncé publiquement leur appui. Infantino a, en retour, apporté son soutien au cheikh Salman, candidat à un quatrième mandat à la tête de l’AFC.

« Je rentre tout juste de Tokyo où la Confédération asiatique m’a apporté son soutien total. J’étais au Cap-Vert où tous les pays africains m’ont soutenu. Je parle à toutes les associations partout dans le monde », a déclaré Gianni Infantino à la BBC. Il a ajouté qu’il fallait respecter « l’opinion de la grande, grande majorité » si l’on prend au sérieux le processus démocratique de la Fifa.

Le décompte des voix

Les 211 associations membres disposent chacune d’une voix. Les statuts de la Fifa fixent la majorité simple à 106 voix lorsque deux candidats se présentent. L’Afrique (54 voix) et l’Asie (47 voix) représentent à elles deux 101 voix. La CONMEBOL, qui rassemble 10 associations sud-américaines, a été la première confédération à annoncer son soutien à la réélection d’Infantino. Elle a depuis adopté une position plus prudente. En additionnant ces trois confédérations, le total des soutiens annoncés atteint 111 voix, soit cinq de plus que la majorité simple.

Du côté des critiques, l’UEFA (54 associations) et la Concacaf (35 associations) ont dénoncé son projet avorté, ce qui représente 89 voix. La Fédération anglaise, le Pays de Galles, la Croatie, la Grèce, l’Albanie et la France ont retiré publiquement leur soutien. L’Océanie (11 voix) n’a pas affiché de position.

Les confédérations ne votent pas : ce sont les fédérations qui tranchent, chacune avec une voix. La Fédération mexicaine, membre de la Concacaf, a ainsi apporté son soutien à Infantino. Six fédérations arabes, dont le Qatar et le Maroc, se sont aussi déclarées en sa faveur. À l’inverse, la Jordanie a annoncé qu’elle ne le soutiendrait pas, et des observateurs rappellent que le soutien d’une confédération ne garantit pas le vote de chacun de ses membres.

Une crise née du projet FIFA Forward Enterprise

Fin juillet, Infantino avait dévoilé le projet « FIFA Forward Enterprise ». Il visait à créer une société chargée de gérer les activités commerciales de la Fifa et à vendre des parts minoritaires à des investisseurs privés. L’UEFA, l’AFC et la Concacaf avaient alors signé début août une lettre commune affirmant notamment que le football « n’appartient à aucun individu ». L’UEFA avait accusé Infantino de « mauvaise gestion criminelle » et menacé de boycotter les compétitions de la Fifa, avant de retirer cette menace le 27 août.

Le projet a ensuite été annulé. Infantino a présenté ses excuses pour des erreurs « liées au processus de communication et de consultation ».

Un seul candidat déclaré à moins d’un mois de la date limite

La Fifa avait confirmé le 6 septembre la candidature d’Infantino, élu en 2016 et réélu en 2019 et 2023. Les statuts limitent à trois le nombre de mandats, mais la Fifa a jugé que son premier mandat partiel, de 2016 à 2019, ne comptait pas. Aucun autre candidat ne s’est publiquement déclaré à moins d’un mois de la date limite de dépôt des candidatures, fixée au 18 novembre. Le président de la Concacaf, Victor Montagliani, est considéré comme le challenger le plus probable. Le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, a exclu de se présenter.

L’élection aura lieu en mars 2027 à Rabat, au Maroc. En cas de réélection, Infantino resterait à la tête de la Fifa jusqu’en 2031.

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