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L’opposition reproche au programme gouvernemental l’absence d’indicateurs et d’échéances

Les groupes de l’opposition à la Chambre des représentants reprochent au programme gouvernemental de manquer d’identité politique, d’indicateurs précis et d’échéances. Ils critiquent aussi l’absence de la moralisation de la vie publique.

Les groupes et le groupement parlementaires de l’opposition à la Chambre des représentants ont estimé, jeudi 22 octobre 2026, que le programme gouvernemental manque d’identité politique et de vision réformatrice claire. Ils relèvent l’absence d’indicateurs précis et d’échéances définies pour la mise en œuvre des engagements économiques et sociaux. Ils s’exprimaient lors de la séance plénière consacrée à la discussion du programme.

Des critiques communes

Ils ont souligné que le programme manque de mesures pratiques et critiqué la contradiction entre les promesses électorales et l’architecture gouvernementale, marquée selon eux par l’absence de secteurs stratégiques. Ils ont aussi dénoncé l’omission du chantier de moralisation de la vie publique, avec un « recul manifeste » sur les engagements en matière de lutte contre la corruption et la rente, et l’exclusion de l’enrichissement illicite et des conflits d’intérêts.

Le RNI : un programme élaboré dans la précipitation

Le groupe du Rassemblement national des indépendants (RNI) a déploré l’absence d’« une identité politique claire » et jugé le programme élaboré dans la précipitation. Il a critiqué la logique de « quotas et d’arrangements » dans la formation du gouvernement, au détriment de la compétence, ainsi que le recul de la représentativité féminine et le non-respect de la parité. Il a noté l’absence des Marocains résidant à l’étranger, des personnes en situation de handicap et de l’économie informelle. Sur le plan socio-économique, il a relevé le paradoxe entre l’aisance macroéconomique dont le gouvernement a hérité, avec une inflation sous 1 %, une croissance proche de 5 % et un déficit ramené à 3 %, et le recul sur les engagements électoraux, qui exigeait un programme plus ambitieux. Il a aussi pointé l’absence de politiques proactives de gestion des crises et des catastrophes naturelles, des zones de montagne et frontalières, et de l’économie des soins.

Le PJD : le silence sur la moralisation

Le groupe Justice et Développement (PJD) juge le programme dénué de toute conception politique claire ou de vision réformatrice intégrée pour les grands chantiers stratégiques. Le silence du gouvernement sur la moralisation de la vie publique reflète à ses yeux une véritable absence de volonté de rompre avec la rente, ce qui affaiblit la crédibilité des institutions et la confiance des citoyens. Il a déploré un décalage avec les promesses électorales et la négligence des droits de l’Homme, du monde rural et des affaires des MRE, qui donne lieu à une « composition hybride manquant de cohérence ». Il a regretté l’absence d’une vision pour les jeunes, qui représentent les deux tiers de la population, et d’un plan clair pour le sport national.

Le groupe Haraki : une « déclaration d’intentions »

Le groupe Haraki a qualifié le programme de simple « déclaration d’intentions », dépourvue de mesures concrètes et de chiffres précis. Il a relevé l’absence de mesures pour protéger le pouvoir d’achat face à la flambée des prix et appelé à plafonner les prix des carburants. Il a insisté sur la généralisation des aides sociales aux catégories vulnérables sans conditions complexes, le désenclavement du monde rural et l’accès à l’eau et aux soins. Il a déploré le retard de la mise en œuvre du caractère officiel de l’amazighe, qui reste selon lui au stade des slogans malgré les budgets alloués.

L’Alliance de la Gauche : pas d’indicateurs ni de calendrier

Le groupement parlementaire de l’Alliance de la Gauche a indiqué que le programme ne comporte ni indicateurs de performance ni calendrier précis. Il y voit, dans la subordination de la mise en œuvre à la « faisabilité opérationnelle et la durabilité financière », un désengagement anticipé et un recul par rapport aux promesses électorales de la majorité. Il a critiqué l’absence de mesures décisives sur l’emploi et le chômage, et l’atteinte à la gratuité des services de base. Il a plaidé pour une justice fiscale, avec un impôt progressif sur la fortune, les revenus de rente et les bénéfices monopolistiques, pour financer la protection sociale. Il a aussi défendu les droits des personnes en situation de handicap et une réforme des retraites sans relèvement de l’âge de départ ni baisse des pensions.

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