Les étudiants serbes tiennent leur dernier rassemblement avant les législatives
Le mouvement étudiant serbe tient son dernier rassemblement avant les législatives anticipées de dimanche, face au SNS d’Aleksandar Vucic au pouvoir depuis 2012. Des ONG doutent de l’équité du scrutin.

Le mouvement lancé par les étudiants, qui secoue la Serbie depuis deux ans, a tenu jeudi 22 octobre 2026 son dernier rassemblement électoral place Slavija, à Belgrade, avant les législatives anticipées de dimanche 25 octobre. Il espère mettre fin à plus de 14 ans de règne du Parti progressiste serbe (SNS) d’Aleksandar Vucic.
La Liste étudiante
La « Liste étudiante – Les étudiants gagnent » présente 250 candidats, dont beaucoup viennent du monde académique et sont nouveaux en politique. Le scrutin se déroule sur liste nationale, sans circonscriptions. La lutte contre la corruption est au cœur de son programme. Des étudiants ont marché depuis toute la Serbie vers la capitale, où ils sont arrivés dès mercredi soir. Une participante de 47 ans, Marija Nedeljkovic Radic, affirme que les jeunes lui ont redonné l’espoir de vivre dans un pays normal. Un autre, Igor, 35 ans, a appelé à envoyer un message d’amour et de paix et à se retrouver aux bureaux de vote.
Aux origines du mouvement
Le mouvement est né de l’effondrement, le 1er novembre 2024, de l’auvent de la gare rénovée de Novi Sad, qui a fait 16 morts. Ce drame, largement imputé à la corruption, a déclenché certaines des plus grandes manifestations en Serbie depuis la chute de Slobodan Milosevic en 2000. Les revendications d’une enquête transparente se sont muées en appels à des élections anticipées, que le mouvement a obtenues.
Vucic accuse les étudiants de coup d’État
Aleksandar Vucic, qui domine la vie politique du pays depuis plus de dix ans, tantôt Premier ministre, tantôt président, a tenu jeudi un meeting au palais des sports Ranko-Zeravica, de l’autre côté de la ville. Il a une nouvelle fois accusé le mouvement étudiant de mener une tentative de coup d’État guidée par l’étranger. « N’oublions jamais comment ils ont essayé de faire tomber notre État », a-t-il lancé. Il a démissionné de la présidence fin septembre pour se présenter au poste de Premier ministre.
Un résultat difficile à prévoir
La Serbie manque d’instituts de sondage indépendants fiables, et les enquêtes donnent des résultats très divergents, explique le politologue Dusan Vucicevic, de l’université de Belgrade. Il s’attend à ce que les étudiants obtiennent plus de 40 % des voix, un score nettement supérieur à celui de toute liste d’opposition depuis l’arrivée du SNS au pouvoir en 2012.
Des doutes sur l’équité du scrutin
Vingt-quatre organisations de la société civile ont publié une déclaration commune qui met en doute l’équité du scrutin. Elles citent des intimidations, des arrestations, des agressions, l’utilisation abusive des ressources publiques et un environnement médiatique biaisé. Elles précisent que cette évaluation repose sur des constatations documentées, et non sur des incidents isolés ou des désaccords politiques. Mercredi, des procureurs de Belgrade ont entendu six personnes arrêtées, soupçonnées de préparer des violences, des émeutes et des attaques le jour du vote.



