L’Égypte appelle à une solution politique entre Riyad et les Houthis
Le chef de la diplomatie égyptienne appelle à explorer toutes les pistes pour des solutions politiques entre Riyad et les Houthis. Il réaffirme la solidarité de l’Égypte.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdelatty a souligné jeudi 22 octobre 2026 l’importance d’explorer toutes les options pour parvenir à des « solutions politiques » entre l’Arabie saoudite et les combattants houthis du Yémen. Lors d’une conférence de presse, il a réaffirmé la solidarité de l’Égypte avec l’Arabie saoudite.
La position du Caire
Badr Abdelatty a souligné « la nécessité d’explorer toutes les pistes possibles pour parvenir à des solutions politiques ». Le Caire combine depuis une semaine un soutien affiché à Riyad et un appel à la voie diplomatique. Le 13 octobre, il avait promis à l’Arabie saoudite un soutien « sans réserve », y compris militaire si le royaume le demande. Cette semaine, il s’est entretenu avec son homologue iranien Abbas Araghchi, qui a jugé qu’une implication égyptienne rendrait la situation « plus difficile ».
Un soutien militaire encadré
Le président Abdel Fattah al-Sissi a demandé samedi au Parlement d’autoriser l’armée à soutenir l’Arabie saoudite « si elle le demande ». Mercredi, il a insisté sur le caractère défensif de ce soutien, destiné à défendre le territoire et les frontières du royaume, sans attaque au Yémen. Le Parlement, après deux rares séances secrètes, a reporté au 26 octobre son vote, indiquent des élus à Reuters. Selon la Constitution égyptienne, le déploiement de l’armée à l’étranger exige l’approbation des deux tiers du Parlement. Badr Abdelatty et le chef des renseignements Hassan Rachad ont remis mercredi à Riyad une lettre de Sissi au prince héritier Mohammed ben Salmane. L’Égypte n’a pas rejoint le pacte de défense de La Mecque, conclu en août entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, qu’elle dit étudier « en profondeur ».
Le contexte
Le royaume est visé quasi quotidiennement par les Houthis. Une attaque contre l’aéroport international Roi Fahd de Dammam a fait deux morts et huit blessés mercredi soir. Les Houthis ont décrété un blocus maritime contre le royaume, ce qui menace ses exportations de pétrole. Le Département d’État américain a ordonné mercredi le départ des employés de son ambassade à Riyad, selon l’AFP. L’Oman avait proposé une trêve de cinq jours pour une rencontre des deux camps, a indiqué le porte-parole houthi Abdulsalam. L’Égypte, comme l’Arabie saoudite, est parmi les pays les plus touchés par les perturbations à Bab el-Mandeb, porte sud du canal de Suez.



