Le président du Paraguay Santiago Peña annonce sa démission après l’effondrement d’Ueno Bank
Le président du Paraguay, Santiago Peña, a annoncé jeudi sa démission après l’effondrement d’Ueno Bank, alors que son propre parti soutenait une procédure de destitution. Le vice-président Pedro Alliana doit lui succéder.

Au Paraguay, le président Santiago Peña a annoncé jeudi 5 novembre sa démission, dans une vidéo publiée sur le réseau X. Il quitte le pouvoir après l’effondrement d’Ueno Bank, une banque numérique, et au moment où son propre parti, le Parti colorado, soutenait une procédure de destitution.
Un message au nom de la stabilité
Santiago Peña a déclaré : « J’ai pris la décision de présenter ma démission comme président de la République. » Il a invoqué la stabilité du pays, la paix sociale et la préservation des institutions démocratiques, et a présenté des excuses au peuple paraguayen. Il a affirmé que sa priorité est que les déposants récupèrent leur épargne : « Derrière chaque dépôt, il y a des années de travail, de sacrifices et de rêves de famille. »
L’effondrement d’Ueno Bank
Ueno Bank, issue d’une ancienne société financière, revendiquait plus de 60 % des adultes paraguayens comme clients. Lundi, après correction de ses comptes, son capital est tombé à moins de la moitié du minimum légal, à la suite de prêts mal documentés. Mardi 4 novembre, la Banque centrale a placé l’établissement sous son contrôle. Environ 280 000 clients qui n’utilisaient que cette banque doivent recevoir de nouveaux comptes dans d’autres établissements.
La banque gérait environ 800 millions de dollars de dépôts publics, soit environ un quart du total. Ces fonds comprenaient des fonds de retraite, de santé et ceux d’opérateurs de barrages hydroélectriques. Des inspecteurs avaient relevé dès juin 2025 des prêts risqués à des initiés. En septembre 2025, près de 39 millions de dollars avaient été versés en une seule journée à trois sociétés liées à la banque.
Mercredi, huit cadres supérieurs ont été détenus, dont le fondateur Miguel Vázquez et le président de la banque, Juan Manuel Gustale. Vingt-sept personnes sont poursuivies. Le président de la Banque centrale, Carlos Carvallo, a démissionné à la demande de Santiago Peña. Pedro Acosta Bernal lui succède par intérim. Des manifestations ont eu lieu à Asunción.
Un parti qui lâche son président
Des députés de l’opposition et des dissidents du parti au pouvoir ont déposé un acte d’accusation de 35 signatures contre le président et le vice-président, sur la base de l’article 225 de la Constitution. Pour transmettre l’affaire au Sénat, il faut 53 voix sur 80 députés. Le Sénat doit ensuite voter à 30 voix sur 45 pour destituer le président.
Horacio Cartes, ancien président, chef du Parti colorado et ancien parrain politique de Santiago Peña, a annoncé que le parti soutenait la procédure. Il a affirmé que le parti ne serait pas du côté du détournement de fonds publics, privés et des retraités. Le Parti colorado détient la majorité dans les deux chambres du Congrès. La Chambre des députés a ouvert jeudi une session extraordinaire sur la destitution pour « mauvaise gestion ».
Pedro Alliana appelé à lui succéder
Le vice-président, Pedro Alliana, doit assumer la présidence pour achever le mandat, qui court jusqu’en 2028. Horacio Cartes l’avait rencontré pour préparer la succession.



