Le ministre britannique de la Défense Wes Streeting défend la hausse des dépenses militaires devant le congrès travailliste
Ministre britannique de la Défense, Wes Streeting a défendu lundi devant le congrès du Labour la hausse des dépenses militaires et l'alliance avec les États-Unis, au lendemain d'un incident près d'une base aérienne utilisée par l'armée américaine.

Le ministre britannique de la Défense, Wes Streeting, a défendu lundi 28 septembre l’augmentation des dépenses militaires du Royaume-Uni face aux critiques sur son coût pour les finances publiques, tout en réaffirmant la solidité de l’alliance avec les États-Unis. « Vous ne défendez pas nos services publics en attaquant les investissements dans notre défense nationale », a-t-il affirmé lors du congrès annuel du Parti travailliste à Liverpool, alors que la hausse du budget de la défense nourrit le débat sur les arbitrages budgétaires de l’exécutif.
Des « choix et des arbitrages » reconnus
Ministre de la Défense depuis juillet, après sa démission du poste de ministre de la Santé en mai dans le contexte de la crise interne au Labour, Wes Streeting a reconnu que l’effort supplémentaire consacré à ce secteur implique des « choix et des arbitrages », tout en estimant qu’un pays ne pouvait devenir « plus fort en appauvrissant sa population ». Dans le même esprit, il a souligné la volonté du gouvernement, dirigé par le Premier ministre Andy Burnham, de privilégier les entreprises britanniques dans l’attribution des contrats de défense.
Deux grands projets maritimes confiés à des entreprises britanniques
Plus tôt dans la journée, le gouvernement avait annoncé que deux grands projets maritimes, représentant plusieurs milliards de livres, seraient confiés à des entreprises britanniques. Ils comprennent la construction de trois nouveaux docks flottants destinés à la flotte de sous-marins de la Royal Navy à la base navale de Clyde, en Écosse, ainsi que celle d’un nouveau navire de recherche marine. Les trois docks, qui seront attribués à l’issue d’un appel d’offres réservé aux entreprises britanniques, doivent permettre d’assurer la maintenance des sous-marins nucléaires actuels et futurs du pays, notamment les inspections, les réparations et les opérations de modernisation.
Une alliance américaine réaffirmée
Devant les délégués travaillistes, Wes Streeting a également réaffirmé avec force l’importance des relations avec les États-Unis. « Notre amitié avec l’Amérique est l’alliance la plus étroite entre deux nations sur Terre », a-t-il déclaré, assurant que Londres et Washington resteraient unis face à « ceux qui détestent notre liberté et ceux qui veulent nous faire du mal ». Il a indiqué avoir été en contact dans la journée de dimanche avec son homologue américain, Pete Hegseth.
Un discours prononcé au lendemain de l’incident de Fairford
Ces propos interviennent au lendemain d’un incident survenu près de la base aérienne de la Royal Air Force de Fairford, dans le Gloucestershire, utilisée par l’armée américaine. La police antiterroriste britannique a arrêté cinq hommes soupçonnés de « préparation d’un acte terroriste » et des explosifs auraient été découverts dans trois camionnettes à proximité, avec plus de 80 habitations évacuées par précaution. Les enquêteurs cherchent à déterminer s’il existe un lien avec l’Iran, la base de Fairford étant utilisée depuis mars par l’armée américaine pour des opérations contre des sites de missiles iraniens. Interrogé lundi matin par la BBC, Wes Streeting a appelé à la prudence, jugeant qu’il serait « irresponsable de spéculer ». Le Royaume-Uni est par ailleurs confronté à des préoccupations croissantes liées aux activités d’États étrangers considérés comme hostiles, la ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, ayant accusé l’Iran et la Russie de recourir à des intermédiaires pour mener des activités criminelles en leur nom sur le territoire britannique.



