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L’ambassadeur américain Mike Waltz juge la MINURSO inadaptée au Sahara marocain

Devant le Conseil de sécurité, le représentant des États-Unis affirme que la mission de l’ONU n’a pas rempli son objectif en 35 ans. Il annonce que Washington poursuivra les efforts diplomatiques avec l’envoyé spécial de l’ONU Staffan de Mistura.

Mike Waltz, ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU, a défendu devant le Conseil de sécurité le projet américain sur le Sahara marocain, bloqué par le veto de la Russie vendredi 30 octobre. Il a déclaré que la mission de l’ONU au Sahara marocain, la MINURSO, ne pouvait plus être renouvelée à l’identique. Le mandat actuel de la mission expire le 31 octobre.

L’ambassadeur des États-Unis au Maroc, Duke Buchan III, se tenait derrière Mike Waltz pendant son intervention.

Le projet américain avait recueilli onze voix pour et trois abstentions. Washington est le « porte-plume » du dossier : c’est le pays qui rédige et négocie les textes du Conseil sur le Sahara marocain. Le texte prolongeait la mission d’un an, la renommait MINUSO et retirait la référence à un référendum.

Un veto qui bloque un texte soutenu par onze membres

Mike Waltz a déclaré : « Il y a quelques instants, la Russie s’est opposée à un projet de résolution soutenu par 11 membres du Conseil. » Il affirme que ce texte aurait permis d’assurer la continuité de la MINURSO et d’engager le dossier sur la voie de la paix.

L’ambassadeur américain décrit le projet comme « une véritable tentative, menée à bien de bonne foi », pour passer d’une mission qui n’a pas atteint son objectif en 35 ans à une mission adaptée à la situation. Il indique que les États-Unis ont mené plusieurs cycles de négociations et tenu compte des préoccupations de plusieurs pays, notamment sur les réfugiés et le principe d’autodétermination.

Une mission jugée inefficace

Mike Waltz affirme que Washington ne pouvait pas soutenir un renouvellement des mandats « année après année, décennie après décennie ». Il soutient que de nombreux secrétaires généraux de l’ONU, des chefs de mission et des experts extérieurs à l’organisation sont parvenus à la même conclusion, tout comme une évaluation stratégique.

Il avance plusieurs éléments :

  • le site internet de la MINURSO reconnaît que les préparatifs du référendum ont pris fin il y a plus de 20 ans ;
  • le personnel de la mission consacre 80 % de son temps à se réapprovisionner ;
  • les patrouilles sont limitées à l’est du mur de sable, la ligne de défense construite par le Maroc, et les survols sont limités.

Il rappelle qu’en 2002, le secrétaire général de l’ONU de l’époque, Kofi Annan, avait présenté au Conseil la possibilité de clôturer la mission, après des années et un demi-milliard de dollars de dépenses.

Les camps de Tindouf

Mike Waltz affirme que des milliers de réfugiés sahraouis vivent toujours dans les camps de Tindouf, dans le sud-ouest de l’Algérie. Il cite des conclusions de l’ONU : les deux tiers des enfants de moins de 5 ans souffrent d’anémie, un tiers d’émaciation, et 10 % seulement reçoivent un apport nutritionnel suffisant.

Il a déclaré : « Nous ne pouvons pas perpétuer une mission dont le nom même ne reflète pas la réalité sur le terrain. »

Les prochaines étapes

L’ambassadeur américain annonce que les États-Unis travailleront avec le secrétaire général de l’ONU pour protéger le personnel de l’organisation et répondre aux préoccupations sécuritaires et humanitaires. Ils continueront aussi à demander au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) d’améliorer les conditions de vie des réfugiés.

Mike Waltz affirme que le président américain Donald Trump a réuni de nouveau les acteurs autour de la table des négociations, avec l’ONU et l’envoyé spécial. Il estime que ce travail ne doit pas cesser.

Il a conclu : « Après 50 ans, le peuple du Sahara occidental mérite plus qu’une énième extension d’une mission qui ne peut pas atteindre son objectif. Nous devons essayer autre chose. »

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