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La justice nigériane annule la candidature de l’opposant Atiku Abubakar à la présidentielle

Au Nigeria, la Haute Cour d’Abuja a annulé jeudi la candidature de l’opposant Atiku Abubakar à la présidentielle de janvier, au lendemain du lancement de sa campagne. Son parti, l’ADC, va contester la décision.

Au Nigeria, la justice a annulé jeudi 5 novembre la candidature de l’ancien vice-président et opposant Atiku Abubakar à l’élection présidentielle de janvier. La décision tombe au lendemain du lancement officiel de sa campagne.

Une décision de la Haute Cour d’Abuja

Des médias nigérians rapportent que la Haute Cour d’Abuja a invalidé les décisions prises au nom du parti d’Atiku Abubakar, le Congrès démocratique africain (ADC), par son président, David Mark. Cela inclut la nomination d’Atiku Abubakar comme candidat du parti. Le jugement donne raison à un membre de l’ADC, Nafiu Bala Gombe, qui contestait devant la justice la nomination du sénateur David Mark à la tête du parti.

La Commission électorale nationale indépendante (Inec), qui avait validé la candidature d’Atiku Abubakar, n’a pas pu être jointe pour commenter la décision.

La réaction de l’ADC et de la présidence

Le parti est très virulent contre le chef de l’État, Bola Tinubu, qui brigue un second mandat. Il est empêtré dans une série de procédures judiciaires liées à des querelles internes. L’ADC accuse le parti présidentiel, le Congrès des progressistes (APC), d’instrumentaliser ces querelles. L’APC le nie. Le gouvernement fédéral avait déjà soutenu cette année une autre action en justice sur l’éligibilité de l’ADC aux élections de 2027.

Le porte-parole de l’ADC, Bolaji Abdullahi, a qualifié le jugement de « tentative désespérée visant à paralyser l’opposition ». L’ADC, qui dit ne pas avoir reçu de copie du jugement, le contestera « par tous les moyens judiciaires disponibles ». Elle a déclaré que « l’APC veut mettre le Nigeria à feu et à sang » et que la décision prive les Nigérians du droit « de choisir librement leurs dirigeants ».

Le porte-parole de la présidence, Daniel Bwala, a répondu : « L’APC n’est absolument pas impliqué » dans cette décision.

Un candidat de près de 80 ans, à sa septième tentative

Atiku Abubakar, âgé de près de 80 ans, en est à sa septième tentative pour décrocher la présidence. Il avait lancé sa campagne mercredi lors d’un rassemblement à Sokoto, dans le nord-ouest du pays, devant des milliers de sympathisants. Il était arrivé deuxième à la présidentielle de 2023 avec 29 % des voix. Bola Tinubu l’avait emporté avec 36,6 % des voix face à une opposition divisée. Peter Obi était arrivé troisième.

Depuis plusieurs mois, Atiku Abubakar multiplie les attaques contre le chef de l’État sortant. Il espère tirer parti de la crise économique que traverse le Nigeria depuis les réformes d’envergure de Bola Tinubu. Ces réformes sont saluées par les économistes, mais ont contribué à l’accroissement de la pauvreté et à une forte inflation.

Un scrutin sans candidat du Nord ?

Si Atiku Abubakar ne peut pas se présenter, le scrutin est privé de l’unique candidat du Nord majoritairement musulman. Cette situation est susceptible de semer le trouble dans un pays où la représentation régionale est politiquement sensible.

Peter Obi dénonce aussi des entraves

Jeudi, le parti de Peter Obi, l’autre candidat majeur de l’opposition, le Congrès national démocratique (NDC), a affirmé que ses meetings de campagne sont perturbés par l’APC. Il invoque de multiples annulations de dernière minute de réservations d’hôtels à Abuja. Le parti a dénoncé : « Ce n’est pas de la démocratie. »

Des litiges préélectoraux déjà pointés en 2023

Lors des élections de 2023, les observateurs de l’Union européenne avaient pointé des « litiges préélectoraux excessifs » et des « conflits intra-partis généralisés ». Leur rapport évoquait au moins 1 200 affaires judiciaires, dont certaines ont été perçues comme politisées.

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