Israël ordonne le bouclage de la Cisjordanie après l’attaque d’Hébron/Al Khalil
Des soldats israéliens ont tué deux Palestiniens qu’ils accusent d’avoir lancé une attaque près d’Hébron/Al Khalil, faisant au moins cinq blessés. Israël a ordonné le bouclage de la ville et de la Cisjordanie.

Des soldats israéliens ont tué vendredi 23 octobre 2026 deux Palestiniens qui, selon l’armée, avaient lancé une attaque près d’Hébron/Al Khalil, en Cisjordanie occupée. Au moins cinq autres personnes ont été blessées, certaines grièvement. Ces violences risquent d’aggraver les tensions politiques et sécuritaires à quatre jours des législatives israéliennes de mardi 27 octobre, rapporte l’Associated Press.
L’attaque
L’armée affirme avoir empêché une « attaque terroriste contre des civils israéliens » et précise que les deux hommes, tous deux palestiniens d’Hébron/Al Khalil, étaient armés d’un fusil M16 et d’une arme de poing. Elle n’a pas indiqué la cible visée, ni identifié les blessés. Les secouristes décrivent une scène difficile : des tirs se poursuivaient à leur arrivée près du carrefour de Yehuda. Deux hommes dans la vingtaine étaient blessés aux membres inférieurs, et un troisième, inconscient, était dans un état grave. Une enquête est en cours.
La réponse israélienne
Le bureau de Benjamin Netanyahou a ordonné de boucler immédiatement Hébron/Al Khalil et de préparer le bouclage total de la Cisjordanie, à compter de vendredi. Il a tenu une réunion d’urgence du cabinet de sécurité avec les responsables de l’armée et des services de renseignement. Il a affirmé que le Hamas « préparait une attaque majeure visant à assassiner des civils innocents », sans en détailler la nature. « Nos braves soldats ont déjoué cette attaque avec courage et détermination », a-t-il dit. Netanyahou avait aussi affirmé que le Hamas pourrait attaquer Israël pour influencer le résultat du scrutin, sans en apporter la preuve. Netanyahou a par ailleurs annoncé que des habitants d’Hébron/Al Khalil seront déplacés dans le cadre des opérations israéliennes, comme l’a rapporté Atlasinfo.
Des dizaines d’arrestations
Vendredi, l’armée a annoncé avoir mené avec les services de sécurité des dizaines d’opérations en Cisjordanie, au cours desquelles des dizaines de personnes ont été arrêtées, dont des membres présumés du Hamas et du Jihad islamique. Elle dit avoir saisi des armes, dont des fusils M16 et des pistolets-mitrailleurs. Le chef d’état-major, Eyal Zamir, a affirmé qu’une « grande quantité de munitions » avait été découverte dans le véhicule des assaillants, destinée à une attaque de plus grande ampleur.
La position de Ben Gvir
Le ministre d’extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a estimé que l’attaque montre qu’Israël doit restreindre la liberté de mouvement des Palestiniens en Cisjordanie. « Les vies des habitants de Judée-Samarie, des colons, des soldats, des policiers sont un million de fois plus importantes que la liberté de mouvement », a-t-il affirmé, en reprenant le terme israélien pour la Cisjordanie.
Un quatrième bouclage en un mois
Les bouclages de la Cisjordanie deviennent plus fréquents : c’est le quatrième en un mois, avec la fermeture de portails et de points de contrôle qui relient les villages palestiniens aux routes principales. Les routes restent ouvertes aux Israéliens, dont les colons, qui peuvent circuler mais risquent des retards.
Les réactions
Le candidat démocrate au Congrès américain Brad Lander, présent vendredi en Cisjordanie et interpellé mercredi par les forces israéliennes, a dénoncé un système d’apartheid imposé aux Palestiniens, qui vise à « rendre la vie palestinienne impossible ». Yishai Fleisher, porte-parole international de la communauté juive d’Hébron/Al Khalil et candidat du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, a estimé qu’Israël a le droit de se défendre face à une « majorité hostile », et qu’il en a assez des armes et de l’incitation de l’autre côté.



